Les petits Bleds d’orthographe

J’avais vu à l’automne une amie travailler l’orthographe et la dictée avec sa fille de CM1 à partir du Bled orthographe version 1984. J’en avais profité pour le consulter. J’ai beaucoup apprécié ce petit outil.Ces petits outils peuvent s’acheter d’occasion, mais on peut également les retrouver sur le site Manuels anciens . Je me suis procurée le corrigé pour la classe CE-CM1 afin de pouvoir bénéficier des dictées très bien conçues.

Une amie me partageait récemment la conversation qu’elle avait eu au sujet de l’orthographe avec un comité de parents. Comme elle insistait sur ce point, on lui a rétorqué qu’à l’avenir ce ne sera plus nécessaire puisque les logiciels de correction sont là pour cela…

En fait, le travail de la langue est tellement plus important que le simple fait de retenir l’orthographe exact des mots. On ne réalise pas combien la grammaire et l’orthographe sont bénéfiques pour la logique, la structure de la pensée et pour émettre un message clair… La machine peut certes traiter de ces difficultés, mais elle ne pense pas à notre place…

Manuels anciens

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La pédagogie selfie

Au début janvier, dans un atelier que j’anime auprès de enfants, une petite de huit ans me raconte qu’elle a reçu un appareil photo à selfie pour enfants à Noël. A l’heure du numérique, l’appareil photo devient un objet qui ne nécessite pas trop de frais secondaires comme pouvaient le faire autrefois les pellicules photos à développer. On hésitait fortement à faire développer les photos mal cadrées et brouillées des débutants. Un appareil photo peut être un bon outil d’observation. Il permet d’isoler un objet à observer et le mettre en image. Ainsi, le bel oiseau croisé en promenade, la jolie fleur, le beau paysage peuvent être immortalisés .

Mais, le champ de nos vies modernes rétrécit-il à ce point pour que nous tournions vers nous-mêmes le centre de nos observations? Comment en arrivons-nous à limiter nos enfants en les initiant au narcissisme alors que nous devrions leur ouvrir le monde? Sans parler que nous maintenons les filles dans une éducation de souci de l’image et du paraître…

Mais, l’éducation de l’auto adulation ne se limite pas à ce petit appareil!

L’EN en remplit ses programmes! Plutôt que de développer un sens critique et un esprit d’analyse rigoureux, les élèves sont invités à « s’exprimer » sur leurs ressentis. « Que penses-tu de cette histoire? », « Aimes-tu ce personnage? », « Dis ce que tu ressens sur ce sujet »… Les manuels sont remplis de ces questions types Le Figaro où on encourage les lecteurs à donner une opinion à partir de leurs émotions plutôt que de faits d’analyse: « Faut-il abaisser la majorité pénale à 16 ans ? » C’est le développement de propos de café de commerce! Monsieur Michaud pense que ce serait une bonne chose…Que sais-je de la question au plan criminologique? Que sais-je de l’éducation spécialisée pour oser faire compter ma voix?

L’IEF n’est pas exempt de ce travers quand on réduit tout au niveau du désir de l’enfant… Il travaille ce qu’il aime, quand il le veut, le temps qu’il le veut et où il le veut. A l’heure des écrans, la soif d’apprendre peut être fortement contrecarrée par la dépendance que suscitent ces écrans. Certains semblent s’engouffrer à l’adolescence dans les jeux vidéo à longueur de journée . A l’âge des choix pour l’avenir, s’embourber dans une telle voie risque fort d’occulter la possibilité de choix de métier. On se forme vers ce que l’on peut espérer faire puisque le bagage scolaire n’est pas là pour envisager un autre avenir.

Ainsi le monde qui s’ouvre à ces enfants en est un limité à leur propre horizon.

Pourtant, lorsque l’enfant est né, ne nous étions-nous pas juré de lui ouvrir le monde?

La société  actuelle s’embourbe dans tant d’individualisme! Elle offre un monde en selfie consumériste alors qu’elle aurait besoin qu’un courant humaniste la conduise à la conscience de l’existence de l’autre.

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Dictées collège

Nous utilisons le recueil de dictée Chouette Hatier pour la dictée des collégiennes. Un petit guide bien conçu, qui propose des extraits d’auteurs pour permettant de pratiquer les points d’orthographe, de conjugaison et de grammaire. J’ai la version 2010, antérieure aux grands chamboulements dans le Collège. Le niveau d’orthographe y est plus exigeant que la nouvelle édition adaptée à la réforme.

Le fait d’écrire directement dans le cahier permet de travailler des notions ciblées sans perdre trop de temps dans la recopie. Seule la dictée est à recopier intégralement. Il y en a deux par notions étudiées. Le niveau, sans relever du sport extrême orthographique, permet de maintenir les connaissances en éveil. Il s’agit d’un petit support pratique!

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Le récit documentaire en CE2

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Il me reste deux chapitres à exploiter avec ma fille de CE2 dans le manuel de lecture que je lui ai concocté. Un chapitre sur les animaux de la forêt avec entre autres récits des extraits du « Vent dans les saules », et de « L’appel de la forêt » ainsi qu’un chapitre sur les animaux de la jungle et des extraits du « Livre de la jungle »-comme il se doit. Au fil des textes à l’étude, qui nous permettent de croiser des textes de la littérature classique enfantine (ou pas), nous y croisons des textes de manuels ancien, des contes, des fables, de la poésie, des chansons et toujours un petit texte documentaire en fin de chapitre. Pour ces deux derniers chapitres, les textes consacrés aux documentaires seront plus longs. Je vais travailler avec deux petits livres entiers. Nous répartirons la lecture des soixante pages sur la semaine. Cette collection est extrêmement bien faite et a toute sa place dans le travail scolaire. Un vocabulaire riche percole le texte tout au long du livre tant dans la partie documentaire que dans le récit tiré d’une histoire vraie.

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J’apprécie que le vocabulaire soit isolé et défini dans la marge. Certes, l’histoire porte une dimension tragique puisque les oursons perdent leur mère. Ma petite est très sensible quand une histoire « tourne » mal. Mais la distance, « l’écart » (aurait dit Ghislaine Cotentin, citant Marguerite Yourcenar) entre la scène animalière et la réalité de l’enfant, permet, je pense d’aborder ce thème. Le récit se termine bien puisque l’ourson va croiser la route de la petite Marion qui sauvera réellement l’ourson de l’ourse Melba.

lion-komoNous exploiterons également « Le lion de Komo » lors du chapitre portant sur les animaux de la jungle et de la savane. La qualité prévaut pour ce petit livre issu de la même collection. Il y a de nombreux titres. Je ne touche aucune commission dans la publicité gratuite que je fais à ces petites livres. Ce sont de véritables coups de coeur!

Le récit se déroule au Kénya. Nous serons transportés dans un décor bien différent! Cette fois, il s’agit d’un roman, mais la fiction permet d’entrer dans la connaissance du comportement animalier. Ces petits romans documentaires sont accessibles dès huit ans.

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Chanson de février:T’as perdu ta queue mon renard

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« T’as perdu ta queue mon renard » existe en de nombreuses moutures. Cette chanson, issue de notre patrimoine à l’heure où internet n’existait pas encore,a pris naissance ici et là en s’accommodant de la mémoire auditive pour exister dans différents terroirs. Ainsi, j’aime à imaginer qu’un invité de passage a peut-être laissé à un hôte sa chanson qui fut reprise de mémoire, sans partition, avec une mélodie approximative, avec des paroles dont on n’a retenu que le refrain mais qu’on a interprétée avec le même esprit.

Nous apprenons la version de « T’as perdu ta queue mon renard » de Jean Absil dans Chansons plaisantes Opus 94 volume 2 D’après des Folklores Français et Autres. Choeur A 2 Voix D’enfants .
Il s’agit d’une version d’une danse du Poitou.

T’as perdu ta queue mon renard

T’as perdu ta queue vieux renard

T’iras plus à la chasse

Caquetant d’un air goguenard

Les poules se prélassent.

T’as perdu ta queue vert lézard

T’iras plus à la chasse

Reste bien chez toi  beau fuyard

Tapi dans ta crevasse.

T’as perdu ta queue gris têtard

T’iras à la chasse

Près des étangs aux nénufars

Où vivent les limaces.

T’as perdu ta queue beau homard

T’iras plus à la chasse

Tes pinces cuiront mon gaillard

Tu feras la grimace.

Les animaux défilent au gré des couplets, de quoi intéresser les enfants. Les mots moins courants et certains verbes plus inusités offrent un joli détour au pays du vocabulaire(goguenard, fuyard, gaillard…caqueter, prélasser…). Nous pouvons également observer le sens de chaque couplet et faire remarquer la différence qui se produit avec le têtard se métamorphosant en grenouille, qui elle, sans sa queue, ira à la chasse!

Pour entendre un extrait de version musicale se rapprochant de la partition que j’ai: ici.

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La transmission: une ouverture sur l’autre

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Muriel Dawson

Combien de fois n’ai-je avancé à tout petits pas lors d’une promenade avec un de mes bambins? Nous prenions le temps de nommer chaque objet que l’enfant pointait: un « caillou », une « fleur », « une coccinelle ». Je nommais chaque mot afin qu’il l’intègre naturellement.A ce stade l’enfant assimile le monde à partir  de lui-même, de son tout petit univers et essaie de le comprendre. Ce monde est d’abord si petit, si familier, si rassurant! Cette entrée en matière dans la vie convient au rythme du bébé . Le tout-petit ramène tout à lui et nous devons le rejoindre là où il se trouve.

A mesure qu’il grandit, son univers s’ouvre.

bricoL’enfant apprend qu’il fait partie du monde, qu’il est partie prenante de l’humanité. Tout ne tourne pas autour de lui. D’autres ont vécu avant lui et il reçoit l’héritage de ceux qui l’ont précédé. Apprendre à lire, à écrire, à compter c’est entrer dans la compréhension du monde. C’est en recevoir les clefs! Recevoir cet enseignement de l’autre (que ce soit du parent ou du professeur) c’est accepter l’altérité, la différence et l’apport que les autres peuvent lui apporter. C’est l’acceptation de l’autre qui vient modifier ce qu’il est et le fait évoluer! Car il devient en grande partie ce qu’il est grâce à sa relation aux autres.

En IEF, il nous faut être prudent à veiller à la socialisation de notre enfant en le mettant en contact avec d’autres enfants et adultes afin d’ouvrir son horizon. Mais ce n’est pas suffisant. Une socialisation « culturelle » est également nécessaire afin de l’aider à comprendre le pays dans lequel il vit (CIDE article 29, 1-C). Les récits, les romans des grands auteurs qui ont forgé notre culture sont une richesse à transmettre en héritage. L’histoire du pays et du monde sont des repères indispensables afin de comprendre la société d’aujourd’hui et pour en comprendre les enjeux de demain.

ardoise

Albert Anker

Enfin, j’irai plus loin. L’enfant a besoin de recevoir un bagage de base en lien avec ses camarades de l’école. Il appartient à une génération donnée. Il aura à assumer en tant qu’adulte des responsabilités de citoyen dans le monde réel qui l’attend et dont les enjeux sont énormes tant au plan de l’environnement mais également au plan politique. Il aura besoin de connaissances en mathématiques qui sont devenus incontournables dans le paysage de notre civilisation. Sa différence IEF sera d’autant un atout qu’il n’aura aucune carence dans son bagage scolaire.

L’enfant qui grandit est heureux de devenir partie prenante du monde qui l’entoure. Il est heureux de quitter le stade du bébé qui le maintient au niveau de son moi limitatif . L’auto centrage autour du moi devient restrictif lorsqu’on ne veut pas l’apport des autres. La transmission lui permet d’entrer en relation avec les autres ce qui l’aide à devenir plus riche de l’humanité en partage.

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Les mathématiques essentielles

DRésultat de recherche d'images pour ans le numéro de février 2017 de la revue Sciences et avenir, un excellent dossier sur « Pourquoi il faut faire des maths » et « Comment elles structurent notre cerveau« . Un numéro qui nous raconte  l’importance qu’ont les mathématiques dans la vie actuelle, notamment depuis l’invention des ordinateurs. En fait c’est maintenant 43% des emplois qui nécessitent une connaissance adéquate en mathématiques et ce dans les domaines les plus divers: de l’ingénierie et l’informatique en passant par la santé, l’écologie, la musique, le cinéma… même l’ornithologie n’y échappe pas!

Les neurosciences nous apprennent que des zones du cerveaux sont activées lorsque nous faisons des maths. Bonne nouvelle, plus nous pratiquons et nous entraînons en mathématiques, plus cette zone s’active!

Comment transmettre les maths à nos enfants? QuatDSC04421re intervenants s’emploient à donner des pistes, dont Pascal Dupré du GRIP. L’idée générale pour ce dernier serait d’introduire les maths façon Singapour (  dans le même esprit au GRIP) avec l’acquisition de la numération et des quatre opérations dès le CP, d’user du calcul mental, de tables de multiplication et de bannir l’usage des écrans à l’école… Il est intéressant de souligner que l’analyse grammaticale serait un apport précieux pour le raisonnement en mathématiques…

A noter pour ceux qui veulent travailler avec un merveilleux fichier, le site de Bienvenue chez les p’tits en propose un gratuit, d’usage pratique et largement aussi efficace que Singapour ou celui de GRIP (auquel Catherine Huby a également participé).

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