Leçon de choses sur les œufs de poule, de cane et d’oie

DSC09468

Au retour du marché, nous avions acheté un gros œuf d’oie et quatre œufs de cane. J’ai un faible pour la volaille… Nous avons eu des poules par le passé et j’attends avec impatience le retour d’un petit poulailler!

En ces jours au parfum pascal, une leçon de choses sur l’œuf s’est « imposée » à nous  tout naturellement avec ces nouveaux œufs à cuisiner. Nous avons sorti également nos œufs de poule, nos livres de leçons de choses…

DSC09471Ce qui frappe les esprits est la différence de grosseur que présentent les œufs. Aussitôt nous sortons les règles, chacune mesure les œufs: on compare les résultats car il n’est pas facile de mesurer une forme ovoïde! Reste à sortir la ficelle pour plus de précision…

DSC09473

On pèse évidemment chaque œuf et on note les différences de poids dans le cahier. Et nous regardons évidemment ce qui est commun: la coquille lise en calcaire, la forme ovoïde, les pores sur la surface…

Comment sont-il à l’intérieur? Le blanc de l’oeuf de poule est plus teinté que ceux des deux autres qui sont absolument transparents. Les jaunes diffèrent également non seulement par leurs dimensions mais également par la couleur: celui de la cane est d’un jaune beaucoup moins orangé.

DSC09483

Pourtant, à la cuisson, c’est le jaune de l’oeuf d’oie qui teintera la pâte du quatre-quart…

DSC09488

Nous avons également observé la coquille interne avec sa chambre à air et sa membrane détachable. Ce qui nous amène à parler du développement du poussin, si l’oeuf est fécondé, qui naîtra au bout de vingt-et-un jours de développement. Nous comparons également avec la naissance chez les mammifère et l’oeuf qui reste dans l’utérus.

DSC09477

DSC09480

Les enfants se lancent dans la narration écrite de la leçon. Pour la première fois, ma plus jeune souhaite s’en charger par écrit également. Les schémas sont toujours un excellent moment de concentration et ils permettent de fixer les connaissances.

DSC09494

DSC09491

DSC09489

Et la suite logique de la leçon se poursuit dans la décoration de ces œufs…

DSC09495

Et la dégustation tant attendue, dimanche, de ceux en chocolat…

DSC09470

Publié dans accueil, école-maison, Divers, IEF, Instruction formelle, leçon de choses | 6 commentaires

Rédaction: le printemps CE2

DSC09388En cours élémentaire pour la rédaction, je vise le travail de la phrase: sujet, verbe, complément. Je privilégie l’acquisition d’un vocabulaire riche à partir entre autre du manuel de Furcy Ecrire et parler. On y présente toujours de petits paragraphes richement rédigés. On y fait de petits exercices qui permettent de travailler des phrases et d’utiliser des synonymes.

Ce matin nous avions ce petit texte tiré du manuel:

Le retour du printemps

1- Déjà le printemps démaillote les bourgeons et les arbres commencent à verdir. Partout la terre se couvre de fleurs. les violettes odorantes poussent à foison le long des haies et les petites pâquerettes parsèment les prés.

2- Dans les buissons et dans les bois, les petits oiseaux s’égosillent joyeusement et s’affairent à la construction de leurs nids. De leurs petits becs habiles, ils tissent les berceaux douillets qui abriteront les prochaines couvées.

Après le travail du livre, ce fut au tour de ma fille de se laisser inspirer  par la saison fleurie. On constate qu’elle a repris quelques termes de vocabulaire du texte. Au fil du temps le travail fait tranquillement son œuvre…

                                                                       Le printemps

Au printemps, les petites fleurs sortent de terre et les arbres reverdissent. Le lilas a un délicat parfum qui embaume l’air.

Les petits oiseaux s’égosillent gaiement. Le vieux merle sur sa branche annonce l’arrivée du printemps. L’hirondelle plane et s’affaire pour nourrir ses petits.

Le pivert frappe le bois d’un rythme répétitif. Les arbres balancent leurs branches au son de cette douce mélodie. Une pâquerette habile sur ses racines se laisse flotter dans l’air. C’est le printemps!

DSC09363

Publié dans école-maison, Divers, Français, Français CE2, IEF, Instruction formelle | 9 commentaires

Leçon de choses sur le petit pois

DSC09150

Le petit pois est un légume que l’on retrouve frais au marché lorsque le printemps s’installe en nos régions. Ce petit légume est cultivé depuis des millénaires. On en retrouve la trace déjà il y a 10 000 ans . Il a été longtemps consommé sec comme le pois chiche. Le petit pois a  servi la science en conduisant Mendel aux premières lois de la génétique au fil de ses expérimentations de croisements de pois divers. Il en existe aujourd’hui plusieurs variétés.

DSC09148

Le petit pois pousse sur un plant. Ses fleurs qui se fanent rapidement laissent place à des gousses qui renfermeront environ huit petits pois chacune. Ils sont fixés alternativement de chaque côté de la gousse. L’enveloppe des pois, que l’on appelle cosse, s’ouvre par ses fentes latérales. Chaque pois, que recouvre une peau, est formé de deux cotylédons réunis par un petit germe. C’est la future racine de la graine! Elle pourra donner vie à un autre plant. DSC09151DSC09153

DSC09152DSC09154

Le petit pois est un légume qui peut se manger frais. Il est souvent sucré et quelque fois farineux. On le retrouve également surgelé, en conserve ou sec.

Nous  avons planté une graine dans du coton pour en observer la croissance.

   DSC09156DSC09381

Et après les schémas d’usage, nous nous sommes régalés d’un bon plat de petits pois tendres!

DSC09386

DSC09382

DSC09384

 * Tiré du manuel ancien Godier, Moreau Les leçons de choses au cours élémentaire, Nathan, 1957  P.118-119  (On peut consulter le manuel sur le site Manuels anciens)

Publié dans école-maison, Divers, IEF, Instruction formelle, leçon de choses, sciences | 6 commentaires

La classe « ambiance, ambiance » 3

La relation à l’enfant

tissageL’instruction en famille est une affaire de relation. Nous ne pouvons pas exclure ce fait de ce type d’instruction. Cette instruction s’insère dans la trame de nos vies avec pour fil conducteur l’amour qui nous unit et qui fait la navette en s’insérant à travers tous les brins de notre vie familiale. Nous ne sommes pas parent à certaines heures et enseignant à d’autres: nous sommes tout cela à la fois… C’est parfois plus simple mais également de temps en temps plus compliqué!

Il est normal que  nos journées ne soient pas toutes aussi enchanteresses que dans  la Mélodie du bonheur…

Mais nous pouvons cependant éviter certains pièges qui peuvent rendent nos journées explosives!

Assumer le rôle de l’adulte

La tâche la plus difficile sera sans doute d’accepter le rôle de l’adulte avec l’autorité qui y est rattachée. L’instruction en famille s’inscrit dans un courant alternatif et laisse supposer que la relation s’effectuera sur le mode de la complicité entre le parent et l’enfant. Beaucoup tombent de haut lorsqu’ils réalisent que l’enfant ne coopère pas plus facilement à ses apprentissages en présence d’un parent sympa!

fifiLe parent rêvait que son enfant, délivré du carcan des horaires et des évaluations scolaires, s’initie miraculeusement de lui-même aux coulisses du fonctionnement de la langue et au théorème de Pythagore. Il s’évertue à trouver la parade qui permettra d’allumer l’étincelle dans l’œil de l’enfant  au fil du flux quotidien: « La recette est prévue pour quatre personnes, augmente les proportions afin qu’elle nourrissent six personnes », dit-il à son enfant qui lèche la pâte au chocolat de la cuillère et  laisse terminer au parent les calculs et la recette que ce dernier finira par enfourner lui-même …

Le long chemin parcouru en traversant différents courants pédagogiques m’a amenée à considérer que la transmission est la voie la plus naturelle et la plus bénéfique pour l’enfant.Certains savoirs se prêtent bien à des apprentissages solitaires cependant les connaissances plus complexes à acquérir   nécessitent un effort et sont rarement choisis d’emblée. Je pense notamment à l’étude de la langue, à la lecture de textes plus complexes, à l’écriture manuscrite, à l’algèbre… Nous avons donc une responsabilité: celle de transmettre le bagage  que nous avons eu le privilège de recevoir. Le fait de clarifier les rôles de chacun et d’accepter d’être l’adulte qui guide permet de résoudre bien des problèmes dus à la crainte de s’imposer. Un enfant a besoin d’un cadre clair! Le parent peut se sentir diviser entre son désir d’une classe-maison telle qu’il l’a rêvée au départ (un enfant avide d’apprendre) et la réalité qui l’amène à s’assurer de la progression de son enfant. C’est sa joie à transmettre le cœur confiant qui emportera l’adhésion de son enfant!

Aimer sainement

matildaNos enfants ont besoin  d’être aimés pour s’épanouir. Il va de soi qu’étant instruit à la maison, l’enfant doit sentir que son parent l’aime à travers les apprentissages qu’il fait. Il y a tellement d’émotivité chez un jeune enfant! Mais aimer, ne veut pas dire « aduler »! Trop de parents, pensant mousser l’estime de soi de leur enfant, tombent dans le piège de faire de ceux-ci des super-héros. J’assiste parfois à des conversations dans lesquelles j’évite d’entrer et je suis épuisée pour ces parents: « Ma fille de 9 ans a lu en entier tous les Harry Potter », dit l’une. Mine de rien, l’autre parent est piqué et veut bien montrer le niveau de son gamin: « Ah, oui, le mien les a tous lu l’année dernière à sept ans! Là, il dévore Narnia et s’est lancé dans les Jack London… » Le troisième parent ne voulant pas être en reste en rajoute une couche: « La mienne, huit ans, m’étonne: elle a commencé Les misérables« . Pendant ce temps, le dernier parent n’ose parler car il peine à faire lire le volume deux d’un Cabane magique à son fils de dix ans…La comparaison, même en bien, est toujours nocive.

Un enfant qu’on adule et qu’on encense risque fort de se comporter en petit roi à qui tout est permis! La classe-maison risque d’en souffrir. Il est important d’adresser des encouragements à notre enfant, mais ceux-ci doivent être mesurés. Faire dans la surenchère des capacités de l’enfant est nuisible dans la relation avec ce dernier. A contrario, il faut éviter d’enfermer un enfant dans une étiquette le définissant « dys ». Sans lui cacher les défis qu’il peut avoir à surmonter lors de sa scolarité, il est bon de le traiter le plus naturellement possible. On peut chercher, par exemple, des occasions pour que l’enfant puisse aider un plus jeune afin qu’il ne soit pas limité à être toujours receveur.

Transmettre pour socialiser

fifi 2Certains enfant sont dans un refus permanent de ce que nous voulons transmettre. Ils sont considérés  comme étant de fortes têtes. Ce qui n’est pas faux et comporte aussi ses qualités. Mais, ces enfants dans le refus permanent de ce qui vient de l’autre posent la question de la socialisation. Souvent ces enfants ont du mal à accepter les idées des autres enfants dans les jeux également. Il est important de les amener à se socialiser en les aidant à accueillir ce que les autres peuvent partager. Ces enfants ont besoin de comprendre que l’autre est un enrichissement dans leur vie. C’est en travaillant de manière holistique avec ces enfants que nous viendrons à atténuer ces conflits lors des apprentissages.

Je n’ai pas la prétention d’avoir couvert tous les pièges de conflits existants en classe maison. J’ai plutôt tenter de regrouper les principaux défis que j’entends autour de moi (ou que j’ai pu vivre). Chaque enfant étant singulier, il y en aurait pour des pages sur ce sujet! La classe maison harmonieuse existe, mais, pas à chaque instant … Enseigner est affaire de relation à l’autre, nous ne pouvons espérer une harmonie sans considérer le lien qui nous unit à l’enfant.

Publié dans école-maison, Divers, IEF, Instruction formelle, Réflexions | 7 commentaires

Lecture CE2: printemps à saveur « Waldorf »

DSC09138Chaque fois que je plonge dans un   manuel ancien je suis étonnée par deux aspects: la richesse des textes d’auteurs  (déjà présente en CE2) et le soin qu’on accorde à l’enfance. A n’en pas douter, on préserve l’enfance de ces petits des années cinquante. Les textes paraîtraient peut-être niais à quelques uns aujourd’hui, pourtant tous sont riches au plan de la langue. Ne précipitons-nous pas trop vite les enfants dans la cour des grands? Préservons-nous suffisamment leur innocence? Les laissons-nous grandir en protégeant cette part de fraîcheur dans leur regard en les intéressant à un monde tellement plus ancré dans la vie réelle? Les animaux, la nature, les récits parfois poignants dont les héros ont des vertus édifiantes de bonté: voilà ce qui était au menu.

Nous avons exploité ce petit texte avec un grand plaisir. Il nous a permis de sortir au soleil et de partir à la recherche de fleurs sauvages. Nous avons trouvé une feuille dentelle mais n’avons malheureusement pas trouvé de champignon dans notre jardin. Après la collecte de quelques fleurs et herbes nous avons confectionné une fée de printemps digne de la pédagogie Waldorf. Cette activité accompagne bien le plaisir de la lecture. Celle-ci doit stimuler l’imaginaire de l’enfant.

En promenade

  1. Sous la conduite de leur institutrice, six petites filles sont allées en promenade par un bel après-midi de printemps.  Au creux d’un pré imbibé de rosée où l’on était entré par curiosité, ce fut la découverte d’une touffe de jonquilles.
  2. Le cœur des six petites se mit à battre. Elles entourèrent cette touffe de jonquilles avec précaution; puis, Marie, l’aînée, avança les doigts pour la cueillir. Mais, mademoiselle, d’un geste, arrêta la menotte: « Non, dit-elle, il ne faut pas les cueillir… Elles souffriraient. »
  3. Au bord d’un petit bois, on décida de se reposer un moment. Tout le monde s’assit dans la mousse. l’une des fillettes découvrit, au pied d’un arbre, tout un village de champignons. Alors mademoiselle déclara:
  4. « Les fées aiment beaucoup les champignons. Elles s’en servent comme de tables rondes. Vous connaissez les fées? Un sourire moqueur parut sur les visages des aînées. mais la petite Lili, les yeux agrandis, s’approcha, curieuse.
  5. « Les fées, dit mademoiselle, sont des personnes pas plus hautes que des pâquerettes, et qui dansent la nuit au clair de lune. Elles ont des ailes de moustique, et leur robes sont taillées dans les pétales des plus belles fleurs ou bien dans les ailes des plus beaux papillons. Quelques fois, elles donnent entre elles des fêtes et des festins, et c’est alors que les champignons sont leurs tables. Mais elles aiment avoir une nappe.   Et si l’une de vous peut découvrir une ancienne feuille sèche, toute transparente comme une dentelle, nous la placerons sur le plus gros champignon. les fées nous en seront très reconnaissantes. »
  6.  Déjà Lili s’était levée, penchait sa petite figure, cherchait dans l’herbe la jolie feuille transparente. Ses sœurs, trouvant le jeu drôle, se mirent aussi à la recherche. Mademoiselle, pendant ce temps, continuait. Elle parlait des pauvres crapauds qu’on rencontre sous les feuilles, qu’on trouve si laids et si dangereux, et qui sont parfois des princesses transformées par les mauvaises fées.
  7.  Ce fut Rosine qui trouva la feuille en dentelle. On en décora tout de suite le plus gros champignon. « Les fées seront satisfaites », dit mademoiselle.

DSC09162

D’après Lucie Delarue-Madrus

DSC09187

Le travail que nous en avons tiré est simple. Un travail de compréhension du texte, quelques mots de vocabulaire, des conjugaisons et de l’analyse grammaticale de certains mots. D’après les livrets de Raylambert sur le dessin pour les enfants, j’ai tiré une leçon pour apprendre à dessiner une fleur, ici à six pétales. Ce n’est pas si évident de répartir en cercle six pétales de manière égale.

Mais ce qui a remporté le plus grand succès est sans contredit la confection de la petite fée!

DSC09127 DSC09125

DSC09186

DSC09133

Publié dans Divers | 8 commentaires

Lectures printanières au CE2

Un air de priDSC09106ntemps – légèrement avant l’heure – est passé cette semaine avec son soleil et ses températures douces. J’en ai profité pour travailler deux petits textes trouvés dans un manuel d’Aimé Souché de 1956 dont voici le premier dans ce billet. J’ai été enchantée par la mise en situation du premier texte où l’on invite l’enfant observer des fleurs de printemps et de les dessiner. Nous sommes allées cueillir pâquerettes, violettes, primevères et ma fille les a dessinées. Nous nous sommes ensuite régalées de ce petit texte guilleret rempli de bons sentiments! L’intérêt du texte réside dans la richesse des mots et le travail qu’on peut exploiter par la suite.

Voici le printemps et les fleurs

  1. C’est le printemps: le soleil brille, les bourgeons éclatent, les feuilles paraissent, la forêt reverdit, les hirondelles retrouvent leur ancien nid.
  2. Dans les champs et les bois, s’épanouissent de mignonnes fleurettes au doux parfums. Au bord des talus, les primevères dressent leurs clochettes jaunes. Dans le gazon, fleurissent les pâquerettes au cœur doré, et bientôt les marguerites forment dans la prairie un vaste jardin fleuri.
  3. Les petites violettes se blottissent dans l’herbe, à l’ombre du buisson, et embaument le sentier.Dans un coin humide de la forêt, les muguets agitent doucement leurs grelots.
  4. Tout joyeux, les enfants s’éparpillent à travers champs et cueillent les humbles fleurettes. Ils rentrent chargés de bouquets et de guirlandes: « Maman, voilà les fleurs de la saison: elles vont orner et embaumer la maison. »

DSC09107Expliquons: Talus: terrain en pente très inclinée; blottir: S’accroupir, se ramasser de manière à tenir le moins d’espace qu’il est possible.

Exercices: Relever dans le texte les actions des fleurs (elles s’épanouissent, elles…) et les actions des enfants… (ils s’éparpillent…)

Exercices des quatre saisons: Composer des phrases (travail sur les verbes)

C’est le printemps: le soleil (que fait-il)? les bourgeons…; les feuilles…

Voici l’été: que font les oiseaux… les roses…, les herbes du jardin…, les blés…, les cerises…

Voici l’automne: que fait le vent…, que fait la pluie…, que font les feuilles…, que produit le brouillard…

Voici l’hiver: que fait la neige… , que fait le froid…, que fait le vent… (verbe différent de celui de l’automne).

Petite rédaction:

Maël cueille un bouquet de fleurs des champs. 1. Il se promène (où? quand?)… 2. Il aperçoit (quoi?où?) … 3. Il fait (quoi? comment?)… 4. Il donne ses fleurs (à qui? quand?)… 5. Que dit-il?

DSC09113

Publié dans école-maison, CE2, Divers, Français, Français CE2, IEF, Instruction formelle | Laisser un commentaire

La classe: « ambiance, ambiance » (2 )

L’organisation dont vous êtes le héros

L’expérience de mes nombreuses années en école maison m’a démontrée combien l’organisation peut apporter un climat serein dans une maison.  Tout le monde ne naît pas avec l’ADN de Fly Lady ! Pourtant les parents et les enfants ont tout à gagner à organiser la maison lorsque l’on y vit à plein temps en famille. Même les esprits bohèmes comme le mien tireront profit d’une meilleure gestion spatiale et temporelle de la classe maison car cela contribue réellement à pacifier le quotidien.

L’espace

Peu importe l’endroit où vous décidez de travailler, il est important de pouvoir avoir à portée un espace de rangement pour débarrasser les travaux en cours au fil du jour. Les interruptions sont fréquentes au cours d’une journée. Si la table de la cuisine sert à la fois de lieu de travail pour les enfants, de lieu pour cuisiner et pour manger, il paraît judicieux de pouvoir rapidement ranger ses effets sans qu’il n’y ait de perte chemin faisant. Que ce soit une étagère, un casier, une desserte roulante ou même un cartable (!), l’enfant doit pouvoir retrouver son matériel sans partir dans une recherche socio-psycho-archéologique (« où étais-je la dernière fois que j’ai travaillé avec mon cahier d’anglais? »).

Mais il ne suffit pas d’avoir des espaces de rangements, il faut, pendant longtemps, accompagner verbalement l’enfant: « on range tout dans le casier avant de partir jouer. Les crayons vont dans la trousse, le compas retourne dans son étui. On replace le dictionnaire sur l’étagère. » Certains enfants sont plus soigneux et ordonnés que d’autres, mais en fait, la plupart doivent se faire rappeler ces consignes car l’appel du jeu l’emportera toujours sur le réflexe de s’acquitter de ses petites tâches. Pourtant, ranger au moment opportun après la fin du travail ne prend pas cinq minutes, mais combien de temps perdu pour du matériel égaré? Si l’enfant perd le compas qui n’a pas été rangé, c’est la prochaine activité de géométrie qui risque de ne pas pouvoir se faire! Pour les enfants qui rechignent et sont si pressés de partir jouer je mets parfois un chronomètre et j’instaure le petit jeu « en combien de temps rangeras-tu? » Cela permet à l’enfant de réaliser qu’il n’a mis qu’une minute trente à tout replacer: est-ce que cela vaut l’énergie qu’il met à rouspéter pour le faire?

Le matériel

Qu’il soit mutuel ou individuel, les enfants doivent apprendre à prendre soin du matériel. Ils doivent s’en sentir responsable! C’est le rôle du parent de l’accompagner à respecter le matériel qu’il reçoit et qu’il utilise. Pour s’y retrouver, le matériel commun doit être placé dans un lieu bien identifié à cet effet. Et à chaque fin de travail, le parent rappellera verbalement de ranger chaque chose à sa place .

Image associéeIl arrivait souvent que mes enfants se disputaient pour certains crayons ou autre petit matériel: « C’était le mien! Je me souviens que je l’avais croqué à cet endroit! On voit la marque de ma canine! » Une solution toute simple a mis fin à ces querelles. Tout matériel individuel porte le prénom de l’enfant (crayons, gomme, règle etc…). Les trousses de crayons de couleur sont mystérieusement complètes depuis! J’ai remarqué que les enfants s’en sentent plus responsables.

Malgré toutes ces précautions, il arrive encore que l’on égare des effets scolaires. Pour palier à ce problème j’essaie de le régler en dehors des classes. Je tiens à ma portée des feuilles mobiles de différentes tailles. L’enfant qui n’a pas son cahier écrira sur la feuille et la collera dans le cahier qui ne manquera pas de ressurgir. S’il s’agit d’un manuel, je prends un autre support pour travailler la notion et si je n’ai rien à portée, je passe à autre chose et prépare la leçon à partir d’internet le soir pour le lendemain. Je ne prends plus de temps sur l’horaire pour régler ces situations chronophages. L’enfant cherche son matériel manquant après le temps de travail.

Faut-il punir celui qui perd toujours tout? A chacun d’en convenir pour ses propres enfants. Je préconise plutôt un suivi serré, un encadrement plus senti de l’enfant, une aide afin de lui permettre  de développer l’ordre et le soin. Cela peut se passer par un petit tableau qui indique les étapes claires de tout ce qu’il aura à faire et ce qu’on attend de lui. Je pense aussi qu’il demeure important que l’enfant se rende compte de la dépense financière qu’il engendre si le problème est récurrent et qu’il semble adopter une posture désinvolte. Cela peut se matérialiser par l’achat à partir de sa propre cagnotte du cahier qui a été perdu une énième fois de trop.

Encadrer son enfant engendre également une démarche sur soi-même. « Et moi, est-ce que je ne cherche pas toujours mes clefs? La maison manque-t-elle d’ordre? » C’est l’occasion de s’enrichir et d’améliorer notre fonctionnement. On ne peut changer sa nature, on ne peut pas se « refaire » entièrement, mais on peut certainement s’améliorer!

Le temps

L’organisation du temps est un facteur très important dans le climat qui règne à la maison. Quel horaire mettre en place pour mon enfant? C’est à vous d’en décider! Un facteur m’apparaît incontournable cependant, l’horaire doit être régulier.

Image associéeL’enfant aime à savoir l’horaire selon lequel il consacrera du temps aux apprentissages formels. Sans horaire, l’enfant construit son propre planning. Il se lève avec une idée en tête: continuer le jeu, la construction de la veille ou faire une partie de UNO. Si les jours se suivent et ne se ressemblent pas il acceptera difficilement de venir s’asseoir et apprendre ce que vous aurez prévu. S’il sait comment ses journées sont planifiées il entrera plus facilement dans la démarche. Un enfant est capable de comprendre (même au CP) que nous avons pris la responsabilité de son instruction et que cela implique que nous y consacrions du temps. Un enfant doit comprendre qu’il ne gagne rien à mettre un climat délétère par une mauvaise humeur dès que nous lui demandons de se mettre au travail. Personnellement, c’est l’aspect que je supporte le moins et l’enfant qui s’y emploie se fait rappeler qu’à l’école du coin, une classe peut fort bien l’accueillir. Je ne le brandis jamais en menace puisqu’à mes yeux l’école n’est pas une tare. Nous avons choisi un autre chemin que je privilégie pour eux. Mais pour y rester l’enfant doit également y mettre du sien car cela demande beaucoup d’investissement de la part du parent. Le parent s’y investit non seulement gratuitement mais au sacrifice d’un salaire.

La régularité dans le temps me semble essentielle et repose sur une certaine planification. Les apprentissages s’installent dans la répétitions régulières des notions. Sauf pour les enfants surdoués (qui sont l’exception), tous les autres enfants ont besoin de revoir les leçons afin de bien les assimiler. Combien de parents, en voyant une notion déjà vue dans le manuel la passe sans la pratiquer puisqu’il la « sait » déjà et qu’il a compris. Les processus d’apprentissage ne sont pas si simples. La pratique d’exercices permet d’affiner et d’aborder des aspects plus complexes des notions. L’enfant ne s’ennuie pas à faire à nouveau ce qu’il a abordé auparavant. Il peut même être ravi de s’apercevoir qu’il maîtrise l’exercice. Mais cette compréhension disparaîtra au fil du temps si elle n’est pas régulièrement revisitée. Combien de parents et de professeurs ont vu des enfants leur dire: « c’est quoi un pronom personnel? Je n’ai jamais vu cela! » alors que cela a été étudié auparavant. Les rappels sont inévitables et ils ne faut pas les faire au rabais. Il s’agit de les considérer comme les « gammes » en musique ou les échauffement en sport. Nous sommes plusieurs à mettre en place une routine qui permet de garder vivantes les notions de base sur une base quotidienne. Un enfant oublie et c’est normal. C’est à nous de lui donner les moyens de bien assimiler sur le long terme.

L’organisation semble aller de soi pour certaines personnes qui sont tombées dedans quand elles étaient petites. D’autres étouffent à l’idée que ce soit trop à saveur militaire. Pourtant, à partir de ma propre expérience de mère-enseignante et des nombreuses observations que j’ai pu faire autour de moi, je peux réellement témoigner combien l’organisation contribue à apporter de la sérénité en IEF. Il ne s’agit pas de tomber dans la psychorigidité mais de se donner les moyens de bien vivre ces moments avec nos enfants. Une classe maison sans nuage n’existe pas. Mais nous pouvons vivre de nombreux moments ensoleillés en prenant soin de mettre en place un climat où les choses rouleront plus facilement.

Prochainement la dernière partie de « Ambiance, ambiance » portera sur l’enfant que l’on accompagne.

Publié dans école-maison, Divers, IEF, Instruction formelle, Réflexions | 6 commentaires