L’effort intellectuel


C’est toujours étrange de penser qu’on dénigre le travail scolaire, qu’on le jette aux gémonies sous prétexte qu’il brimerait les enfants…

Personne ne douterait qu’il faille s’entraîner beaucoup pour devenir champion en athlétisme. Qui oserait prétendre qu’on peut devenir virtuose de la musique en grattant   son instrument uniquement au fil de ses envies? Pourquoi croit-on alors que le savoir intellectuel, la connaissance de sa langue, l’apprentissage du bagage mathématique se font sans aucun effort ?

Or, si l’on peut vivre aisément sa vie sans devenir champion olympique ou membre de l’orchestre symphonique de Vienne, on pâtira de ne pas développer ses facultés intellectuelles. Le travail scolaire dans l’étude de la langue et du calcul sert à apprendre à penser. Or, nul ne peut être au-dessus du devoir de penser. La société elle-même ne peut se permettre d’être peuplée d’une population qui ne sait pas réfléchir.

Les enfants qui pratiquent un instruments de musique dans la régularité développent une aisance qui décuple leur plaisir de jouer de la musique. L’effort physique que demande le sport apporte au sportif la satisfaction après l’exercice. Il en est de même avec la grammaire et le calcul: c’est une joie réelle  d’arriver à les maîtriser.

remi-et-colette

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A propos Brune

Mère-enseignante de 8 enfants. Site: grandirpresduchataignier
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22 commentaires pour L’effort intellectuel

  1. Merepoule dit :

    merci!!!!! Je plussoie !

  2. Enid dit :

    Fournée de petits coeurs, tout chauds tout juste sortis du four ! ❤ ❤ ❤

  3. Joëlle dit :

    Bien d’accord avec toi sur le fond lais en réalité c’est plus subtile. Initialement je m’inscris par mon parcours, dans la catégorie des sportifs investis mais et maintenant je « butine » plutôt du côté de la musique traditionnelle de rue… Les PREMIERS à sorir les instruments, ceux qui ne s’arrête jamais durant les pauses, qui sont à vides de découvrir, qui s’allient à un morceau qu’ils découvrent soudainement, qui continuent encore lorsque les autres s’arrêtent… bref qui ont un réel plaisir à jouer… ne viennent jamais d’un conservatoire, d’un clubs ou groupe de musique qui a répété et répète les semaines précédentes… Tirée d’une expérience de 27 ans comme organisatrice de fêtes tradionnelles…. Ils ne touchent pas le plaisir des sommets mais croque le plaisir tout court, à fond.

    • Brune dit :

      J’entends bien ce que tu dis Joëlle 😉 Et les exemples risquent toujours à un moment ou un autre d’être boiteux car tout ne se compare pas également…En musique ou en sport, il est plus facile d’être un passionné par ces activités qui peuvent se présenter de façon plus ludique. On y accède plus facilement et effectivement ces passionnés sont passionnants. Mais on aura beau être un grand lecteur (tout dépend de quoi d’ailleurs), on n’accèdera pas facilement à la grammaire, aux opérations mathématiques … sans recourir à un moment ou un autre à un certain effort avant de goûter au plaisir…

  4. Joëlle dit :

    Encore un tas de fautes… désolée !

  5. Joëlle dit :

    Oui bien bien d’accord que malgré toute la passion que tu puisses mettre dans une discipline, il est bon d’en connaître à un moment les fondamentaux et l’expérience accumulés par d’autres sur les siècles passés et ainsi…gagner du temps et accéder à d’autres plaisirs. Mais jai 2 spécimensur à la maison (et j’en conviens exemple n’est pas raison) qui, l’un : à appris le français par lecture essentiellement et est devenu un maniaque de l’orthographe… et un autre qui à 11 ans et beaucoup de lectures mais pratiquement pas de leçon de français… à été exceptionnellement accepté après « tests » dans un groupe de rédaction et correction de textes, comprenant entrée autres d’anciens enseignants de français… Ce qui ne m’empêche pas de lui imposer depuis quelques temps (et malgré les commentaires de l’inspecteur étonné par son niveau et par ce que j’attendais), de travailler sur des fondamentaux et surtout sur le pourquoi de certaines règles car accéder à un max de subtilités est bon en toutes choses.

    • Brune dit :

      Sur mes huit, j’ai eu différents profils. Deux qui savaient écrire sans faute en CE1-CE2, d’autres qui faisaient énormément de fautes et ne maîtrisaient pas du tout les conjugaisons malgré qu’ils aient été d’excellent lecteurs… Chacun a développé un très grand goût pour l’écriture et la langue. Ce n’est pas toujours la passion qui détermine la suite des choses… Il y a tellement de paramètres. Mais, évidemment, un enfant passionné ça peut aider à la l’apprentissage 😀

  6. Entièrement d’accord avec toi !
    D’ailleurs, ce genre de pensée est aussi présent dans le monde adulte : il n’est qu’à voir certains hommes politiques qui flattent l’opinion publique en leur promettant de réduire le temps de travail…
    Or le travail est le lieu où l’homme s’accomplit !

    • Brune dit :

      Oui, c’est une pensée très présente du côté du monde adulte. Et peut-être ce le sera de plus en plus car on n’apprend plus aux enfants à travailler. C’est presqu’un gros mot!

  7. Verveine Citron dit :

    C’est peut-être l’association du mot « travail » et « scolaire » telle que la scolarité est envisagée aujourd’hui. Nul doute que sans effort, sans rigueur, rien n’est possible. L’opposition entre l’ief formelle et informelle tient peut-être à l’absence de définitions précises de termes comme travail, sens de l’effort, discipline, apprentissage, bien commun, liberté qui seraient à chercher du côté de la philosophie.
    « nul ne peut être au-dessus du devoir de penser », phrase magnifique à graver au fronton de nos institutions et de nos écoles, ça ne ferait pas de mal. Tu t’arrangeras avec les droits d’auteur ! 😉
    « La société elle-même ne peut se permettre d’être peuplée d’une population qui ne sait pas réfléchir. » Heu, je suis d’un naturel optimiste, mais là on atteint quand même des sommets dans l’art de ne pas réfléchir et de s’en vanter.

    Clotilde : « Or le travail est le lieu où l’homme s’accomplit ! » : Oh non ! Trop d’exemples partout dans le monde montrent qu’on ne s’accomplit pas nécessairement et seulement par le travail. Tout dépend du travail et de ses conditions d’exécution.

    Joëlle : bref qui ont un réel plaisir à jouer… ne viennent jamais d’un conservatoire : Mes cinq enfants sont ou ont été au conservatoire et tous font de la musique avec beaucoup de plaisir, seuls, entre frères et soeurs ou dans des orchestres, ils ont du plaisir à jouer et à écouter de la musique.

    • Brune dit :

      Pour le travail, il est évident que plusieurs petits métiers offrent des conditions lamentables de travail… Pour la musique, j’ai eu six enfants passés par la méthode Suzuki et deux par le Conservatoire. Sur l’ensemble, si tous sont sensibles à la musique, il y en a surtout deux qui se passionnent pour la musique!

    • J’aurais du dire : où l’homme devrait s’accomplir. Il est clair que malheureusement, trop souvent, les conditions de travail ne sont pas dignes…

      • Brune dit :

        Je comprends bien. D’ailleurs, on peut même s’investir dans un travail valorisant bénévole … Le sens de travail revêt un sens beaucoup plus large…

    • Joëlle dit :

      Verveine Citron : Je suis un pur produit de conservatoire à l’origine et je répondais au contrat « bonne notes, pratique de l’instrument devant public familial et associatif et écoute régulière de musiques en tous genres ». J’ai touché du bout bout des doigts les plaisirs du morceau de musique bien travaillé et partagé avec des musiciens de qualité et ai admiré la qualité dans la maitrise de certains instruments et la justesse dans l’interprétation d’une partition que seuls obtiennent les laborieux (au sens propre, pas celui péjoratif) musiciens qui sans cesse, travaillent, travaillent, progressent, travaillent et qui, dans la très grande majorité des cas, proviennent d’un espace de formation structuré. Mais il existe un autre plaisir musical, que j’ai peut-être maladroitement explicité plus haut ; un plaisir que je qualifie de « pur », non pas dans le sens où les autres seraient « impur » mais où il existe une sélection particulière pour l’atteindre ; il faut y être valeureux et non-plus pro, il faut y avoir un sensibilité certaine (une « envie vraie » pour la musique en fait), savoir jouer jusqu’à épuisement, savoir s’adapter à tout moment et surtout quand on est désarçonné, donner sans chercher à recevoir, une acceptation à travailler de façon imprévisible, sur l’instant et sans compter son temps… Un laboratoire de sueur et d’implication profonde. C’est un vrai plaisir, parmi tous ceux que peut procurer la musique. Je ne sais si ma comparaison serait correcte mais c’est comme dans tout : quand un cadre devient de façon non prévue, exigeant et « hors règles habituelles », et attend une implication profonde et suivie… les compétences et le travail passés sur une discipline font la différence évidente au début puis la capacité à « suer », à s’investir sans compter, la volonté, l’acceptation à s’adapter… font la différence au final. C’est pourquoi pour revenir à l’article, je dirai que l’effort intellectuel me semble certes une incontournable nécessité pour accéder à certains plaisirs et surtout à une réelle liberté de choix (de vie), objectifs premiers pour ma part au sein de l’IEF de ma famille ; mais tout autant que l’apprentissage de la capacité à savoir sortir des schémas habituels, à savoir s’adapter, et être en mesure de pousser la « machine » au-delà des habitudes et des schémas de repère coutumièrement inculqués. Pour préciser : je ne suis pas vraiment musicienne, j’estime juste avoir des notions de base / je ne fais pas partie de ceux qui savent vraiment suer (je décroche mais les observe) / j’ai un regard très critique sur le monde des artistes musicaux (genre festival mais hors musique classique) que je suis depuis longtemps, j’aurais beaucoup à (mé)dire sur le statut d’intermittent du spectacle 😉

      • Brune dit :

        Ton parcours est très intéressant et je pense qu’en toute chose au fond pour « s’élever » au sens noble du terme il faut le travail et la passion. La combinaison gagnante. Mais, quand on est passionné on remarque moins l’effort… 🙂

  8. Merepoule dit :

    ce que vos commentaires mettent en évidence est le problème du conservatoire….pour bcp c’est une mauvaise façon d’aborder la musique. Ce à quoi je souscris, trop scolaire trop formaté et formatant, j’en ai bcp souffert. Mais la question de l’effort demeure et il ne peut y avoir de progrès sans investissement personnel et travail. Quelle que soit la forme ou le cadre que ce travail revêt.

    • Brune dit :

      Tout à fait. J’oserais dire qu’il y a conservatoire et conservatoire aussi. Et à l’intérieur il s’y trouve aussi des professeurs et d’autres. En ce moment, rien à redire de ceux de mes enfants. Mais on a changé notre mode de sélection pour faire de la musique: on a regardé le contact avec le prof et notre enfant plutôt que l’instrument lui-même. Exemple? Une de nos filles brûlait d’envie de faire du piano. Les professeurs étaient très sélectifs (au mauvais sens du terme) et donnaient peu envie de pratiquer. On a orienté notre fille vers le clavecin qui n’est pas couru: la prof est plus créative et plus stimulante! Ma fille en est ravie!

  9. Ce billet est tout simplement criant de vérité : effort intellectuel en amont, satisfaction dans la réussite en aval. Plus l’effort est grand, plus la satisfaction l’est aussi. Il faut « transpirer » pour atteindre les sommets.
    Bravo Brune

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