La lecture vivante


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Le temps de lecture est un moment important pour aider l’enfant à acquérir du vocabulaire nouveau et pour approfondir le sens de certains mots qu’il possède déjà. Il sert en outre à travailler la compréhension de texte. L’exercice de lecture permet également d’améliorer la fluidité orale de lecture d’un enfant. Elle assure aussi le travail de la bonne intonation quand surgit une virgule ou un point, ainsi qu’à saisir les fines nuances à donner à la lecture grâce à la compréhension qu’on en a.

Je dois avant toute chose confesser que l’extrait du manuel de CE1 de Catherine Huby a été pour moi un véritable « chemin de Damas » quant à la joie que l’on peut faire naître dans ce moment de travail avec l’enfant. J’y ai saisi combien l’appropriation du texte peut rendre très vivant cet exercice si riche qu’offre la période de lecture. J’y ai aussi trouvé l’inspiration pour l’exploitation du vocabulaire. Je me souviens de ce moment où ma fille cherchait tous les « interstices » de la maison pour y glisser sa main en me répétant : « Maman, encore un interstice! ». Une idée suggérée dans l’extrait.

Ne trouvant pas LE manuel idéal pour le CE2, j’ai décidé de m’inspirer de l’extrait CE1 de Catherine Huby   en adaptant le travail pour le niveau CE2 . J’ai choisi des textes principalement des manuels anciens et j’ai conçu un travail autour d’eux qui s’articule ainsi globalement:

Expliquons:  Nous  travaillons  le vocabulaire de manière hubienne en tentant de rendre ces mots « tangibles ».

2° Comprenons: Nous prenons le temps de faire de la compréhension de texte. L’enfant me raconte brièvement le texte et je lui pose quelques questions visant à clarifier l’histoire. Approche somme toute classique!

dsc07859 Copions:  Je m’inspire du manuel de lecture courante (Nos belles lectures, cours élémentaire de David, Haisse et Bouret) pour un exercice qui implique de rechercher l’information de manière précise.   Il s’agit pour l’enfant de chercher et copier la phrase dans le texte qui illustre un élément que nous voulons le voir trouver. C’est un exercice très léger (je prends de courtes phrases) mais qui prépare déjà aux classes ultérieures où il faut souvent justifier en littérature.

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Lecture vivante:  Je m’inspire directement des manuels de lecture de Castanet et Naudon pour cet exercice. Les conseils y sont judicieux. Il s’agit de faire saisir aux enfants les nuances, les intonations à donner selon les personnages, les situations (joyeuses, tristes…) sans oublier le rythme de la phrase avec sa ponctuation. En IEF, comme l’enfant est souvent seul pour son niveau, nous avons tendance à faire lire le texte entier à haute voix. Ce qui peut avoir le mérite de la pratique et de l’effort. Mais j’ai remarqué qu’avant le CM, les enfants se fatiguent plus rapidement. Ils se concentrent volontiers sur une courte période et prononcent bien le début, mais plus le texte s’allonge, plus je vois les erreurs s’accumuler. Je cible donc une partie seulement du texte à lire. Ainsi, l’enfant peut lire de manière concentrée afin d’arriver à maîtriser l’intonation et le décodage juste. A  l’école, ils sont nombreux et se partagent ensemble l’ensemble de la lecture… Je précise que je laisse l’enfant lire en silence une première fois. Ce qui lui permet d’effectuer une préparation mentale et tout le travail de décodage nécessaire en cas de nouveaux mots plus difficiles à prononcer.

(Il arrive que je mette des exercices écrits de réinvestissement de vocabulaire, mais pas à toutes les séances).

S’approprier le texte: Ma fille aimant beaucoup dessiner, je demande souvent un dessin à faire pour illustrer un passage de l’histoire. Mais cela peut aussi être une petite scénette à jour, des petits personnages à animer pour rejouer la scène. Ce peut également conduire à une recette à faire et goûter pour imprégner une sorte de « madeleine de Proust ». Dans un extrait des malheurs de Sophie que j’ai choisi, nous faisons du pain et comme Sophie, on goûte le pain chaud avec une lichette de crème fraîche. A défaut d’être diététique et à la condition d’être plus raisonnable que l’héroïne, le « bedon » peut également contribuer à s’imprégner d’un texte!

Je livre ici le travail pour un jour. Je suis en train de réviser les textes en les travaillant avec ma fille.

Jour 1                                   Nils Holgerson et la hulotte par Astrid Lindgren

Nils est un vilain garnement qui n’écoute pas ses parents et maltraite les animaux. Un vieux gnome le transforme en petit lutin afin de le punir. Nils devra devenir bon s’il veut redevenir un petit garçon. En tentant de garder le jar Martin à la ferme de ses parents, Nils est entraîné dans le vol des oies sauvages et fera ainsi le tour de la Suède.

1                           Les oies annoncèrent qu’on était maintenant dans le Värmland et que le grand fleuve qu’on suivait s’appelait Klarälven. Pour Nils, cela ne changea rien.

–J’ai déjà vu suffisamment de fleuves et de forêts ! » grommela-t-il.

   La nuit commençait à tomber et la lune s’était levée, ronde et brillante, quand les oies atteignirent le Fryken, un joli lac tout en longueur. Elles atterrirent en haut d’une colline et Nils se mit immédiatement en quête de quelque chose à manger. Il arriva sur une route et vit, en face de lui, une allée de bouleaux qui menait à un petit manoir. Le corps de logis était entouré de maisons rouges et basses et derrière, il y avait des cassis, des groseilles, des framboises et au milieu d’une petite allée brillait une grosse pomme rouge !     Afficher l'image d'origine

2                          Il s’assit sur le gravier et en coupa de petits morceaux avec son couteau.

« Ça ne poserait pas de problème d’être lutin si l’on mangeait aussi bien tous les jours, pensa-t-il. La meilleure solution serait peut-être que je reste ici. Je ne sais pas comment expliquer à Martin que je ne peux rentrer chez moi. Il vaudrait mieux qu’on se sépare… »

3                  Une chouette se posa à côté de lui.

-Ça fait plaisir de rencontrer enfin un être vivant, dit le garçon. Peut-être pourriez-vous, madame la Chouette, me dire le nom de cette maison ?

-Elle s’appelle Marbacka. Quant à toi, tu es bien appétissant ! dit-elle, et elle planta ses griffes dans l’épaule de Nils, essayant de lui crever les yeux avec son bec.

 4              Le garçon comprit qu’il était en danger et il appela au secours de toutes ses              forces. Il entendit des pas boitillants derrière lui, la chouette lâcha prise et se  réfugia en haut d’un arbre. Il vit une vieille dame la menacer de sa canne.

   -Merci de m’avoir aidé, cria Nils à la vieille dame qui avait l’air tellement étonnée  qu’il poursuivit : Je suis un être humain comme vous, mais on m’a transformé en  lutin.

 -Voilà l’histoire la plus extraordinaire que j’aie jamais entendue ! dit-elle, comment cela t’est-il arrivé ? »

                        Le garçon lui raconta toutes ses aventures, et au fur et à mesure qu’il avançait   dans son récit, la dame était de plus en plus surprise et émerveillée.

4       -Quelle chance de rencontrer quelqu’un qui a traversé tout le pays sur le dos d’une oie ! Je suis  née ici à Marbacka et ce que j’aime le plus c’est écrire des histoire et des contes. J’avais envie de retracer l’histoire de la Suède à l’intention de tous les écoliers, mais pour qu’on puisse utiliser un livre à l’école, il faut qu’il soit instructif et véridique. C’était tellement difficile que j’ai failli abandonner mon projet. Cependant, ce que tu viens de me rapporter, je vais pouvoir l’écrire dans ce livre. Tu m’as bien aidée !  »

 

 1° Expliquons

Suffisamment : de manière suffisante.

Grommeler : murmurer, se plaindre entre les dents (imite quelqu’un qui grommelle)

Se mettre en quête : se mettre à la recherche de…

Bouleau : arbre avec une écorce blanche                       Afficher l'image d'origine

Manoir : la demeure d’un noble.

Boitiller: qui boite. (Imite quelqu’un qui boite.)

Lâcher prise : abandonner. ( tiens un crayon dans ta main et lâche prise)

Se réfugier : se mettre à l’abri pour être en sécurité. (prends refuge dans un coin de la pièce)

Extraordinaire : extra veut dire  « hors de », « sortir de », ici, sortir de l’ordinaire. Même construction « d’extraterrestre » vois-tu le sens dans ce mot ?

Comprenons

A quel moment de la journée se passe le récit ? Quels fruits Nils aperçoit-il ? Nils se réjouit de rencontrer la chouette, mais est-elle une amie ? Pourquoi pas ? Qui le sauve ? Qu’aime faire cette vieille femme ?

Copions

Recopie la phrase qui indique que Nils décide de quitter Martin et de ne pas continuer la route avec les oies.

Lecture vivante
Lis le paragraphe 3 et 4 en donnant un ton soulagé à Nils qui rencontre enfin un être vivant et en faisant parler la chouette avec une intonation cruelle.

Dessinons

     Dessine Nils et la chouette.

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Article conçu pour les tutoriels du blog « Collectif L’école est la maison »

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A propos Brune

Mère-enseignante de 8 enfants. Site: grandirpresduchataignier
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6 commentaires pour La lecture vivante

  1. Merci Brune. Ayant presque terminé les fichiers d’exercices de mathématiques et d’étude de la langue, je vais bientôt me remettre à la rédaction du manuel laissé en plan. Votre article me conforte dans l’idée de poursuivre ce travail.

  2. Verveine Citron dit :

    Après la lecture de cet article, je me demande vraiment que choisir comme manuel d’étude de la langue pour mon 6 ans car justement j’ai besoin de quelque chose de niveau CE1. J’aime bien La Librairie des Ecoles, mais je trouve (personnellement) que l’étude de la langue est un peu légère, surtout par rapport aux manuels anciens. Aurais-tu un ouvrage à me conseiller parmi ceux que tu as utilisé ? Merci d’avance et merci aussi pour tes derniers billets.

  3. Verveine Citron dit :

    Merci beaucoup pour ces différents liens, c’est vraiment gentil d’avoir pris le temps. J’hésite beaucoup entre plusieurs manuels car dans chaque je trouve des choses qui nous correspondent. L’Oiseau-Lyre me tente bien ainsi que le manuel du Grip, j’aime beaucoup aussi les manuels de Berthou Gremaux et ceux de Ageorges (les illustrations n’y sont pas pour rien). Je suis plongée dans l’expectative et me sens un peu prise de cours car ce que j’avais prévu n’est pas assez « consistant » et « formel ». Cela dit, c’est tout l’intérêt de l’ief, pouvoir s’ajuster (avec le travail qui en découle pour le parent accompagnateur). Autant je suis pour des relations pacifiées avec l’IA, autant le mépris parfois affiché par certains inspecteurs pour la pratique de l’ief, c’est dur à accepter, alors que c’est un sacré investissement parental.

    • Brune dit :

      Cela dépend du coin où tu es 😉 J’ai un un inspecteur très difficile dans une ancienne Académie. mais celle qu’on a dans notre lieu actuel est topissime! 😀 On aurait envie de prendre le thé avec elle!!! Toutes les familles sont ravies de sa visite. Comme quoi! Et nous aimerions bien justement que les inspections ne soient plus le fait de loterie mais d’échanges pacifiés…

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