Les bons sentiments


Afficher l'image d'origineCe qui frappe, quand on regarde le choix des textes des manuels anciens, c’est l’importance d’exalter chez les enfants les bons sentiments. Non pas ces sentiments niais, vides et creux qu’on ringardise aujourd’hui, mais bien ceux qui renforcent l’âme humaine. Le sens du devoir, le goût de l’effort, le respect – voire l’admiration d’une mère, d’un père, d’un professeur ou du vieux jardinier. Voyons ce qu’en dit l’auteur Demidoff dans la préface d’Au jardin des lettres 6e. (1962)

« Cette présentation, qui regroupe dans des centres d’intérêt des textes appartenant à diverses époques et diverses cultures, nous a paru beaucoup plus humaine. De ce fait, il nous a semblé qu’elle servait mieux la formation morale et littéraire des élèves. A quoi vise en effet tout notre enseignement, sinon à rendre, selon le mot de Montaigne, l’enfant « meilleur et plus sage »? Sage de sa propre sagesse, de celle qui ne convient véritablement qu’à lui-même et qu’il lui appartient de découvrir, avec l’aide de son professeur, à travers la sagesse de tous les temps et de tous les peuples. »

Afficher l'image d'origineLe choix des textes en littérature apparait ainsi capital afin de faire cheminer les enfants vers les valeurs morales universelles. Les grands discours  pédagogiques n’atteignent pas leur but qui est celui de développer un esprit civique. Nous ne pouvons pas apprendre à un enfant « quoi » penser. Mais nous pouvons lui donner des outils qui l’aideront à construire sa capacité à réfléchir et à penser.

Pierre Jacolino, professeur au lycée disait à propos de l’apport de la littérature classique pour la jeunesse:

« Récemment j’entendais : Mais pourquoi vous acharner à leur faire étudier Molière ou Corneille puisqu’ils ne les comprennent pas ? ». Mais justement ! C’est parce que la fréquentation des classiques permet la formation de l’esprit qu’elle est indispensable. Ces textes contiennent toutes les problématiques auxquelles seront confrontés les jeunes, une compréhension fine des comportements humains. A partir de leur étude on peut disserter, comparer, raisonner. Et puis lire des classiques ça nous change, ça nous fait évoluer. » * (Source le blog Un chocolat dans mon roman).

Auprès des petits également, la lecture d’œuvres bien choisies aidera à la mise en place d’un sens moral et civique. Je me permets ici de citer Catherine Huby dans son extrait en préparation du livre du professeur qu’elle écrit et qui s’applique dans l’étude du texte « Sans famille » d’Hector Malo prévu pour les CE1: « 

Encore une fois, c’est de la culture littéraire que naîtra l’éducation à la sensibilité réclamée par le programme d’EMC. On veillera juste à rester dans le sujet et à ne pas tourner en rond trop longtemps en assurant aux élèves que tous leurs arguments ont été entendus et qu’il convient de laisser tout cela reposer afin que chacun puisse réfléchir en paix à leur pertinence et faire ses choix.

Avec les classes du primaire, j’aime bien lire également les récits des livres de morale. Celui de la Libraire des Ecoles  s’inspire des manuels anciens de morale et se trouve très bien adapté à aujourd’hui. Nous lisions ce matin sur la vie de Benjamin Franklin et son souci d’améliorer sa conduite de vie. Présenter des modèles positifs crée une certaine émulation. S’en est suivi un désir de créer un petit code d’honneur personnel.

Les professeurs et CPE sont nombreux à affirmer que plusieurs jeunes manquent cruellement de repères. En cherchant dans les programmes actuels, nous pouvons déplorer une absence de transmission à ce sujet en dehors du cours de EMC qui s’apparente davantage à un « prêt à penser » plutôt qu’à une recherche qui permettrait d’apprendre à réfléchir.

DSC06182

DSC06183

DSC06181

 

Publicités

A propos Brune

Mère-enseignante de 8 enfants. Site: grandirpresduchataignier
Cet article, publié dans école-maison, Divers, IEF, Réflexions, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Les bons sentiments

  1. lyly42 dit :

    Très bel article ! J’aime beaucoup le passage de Demidoff sur la sagesse de l’enfant. Merci.

  2. Je suis bien d’accord, c’est pour cela que je choisis souvent des manuels anciens pour la lecture suivie : ça fait également office « d’instruction morale » : Line et Pierrot, Jeannot et Jeannette, Petit Gilbert, Au pays bleu … ( les deux premiers, je les ai justement trouvés dans « Petites histoires de morale »). Et pour convaincre les plus sceptiques : j’ai vu concrètement l’effet bénéfique de ces lectures chez mon fils, qui a par exemple prêté un jouet à son frère car il venait de voir Line heureuse de donner son ballon à Pierrot !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s