Organisation collège: 2.le nouveau collégien à la maison!


Pour S.

Un enfant déscolarisé en quatrième aura besoin d’un temps d’adaptation entre les habitudes prises en classe et la routine de la classe maison.

DSC05252Quand on prend une décision aussi importante que celle de garder un adolescent à la maison et non en établissement, nous avons forcément de bonnes raisons de provoquer ce changement. Ce peut être un enfant qui a subi du harcèlement et qui développe une phobie scolaire, ce peut être un jeune qui a d’immenses difficultés en classe et que le système ne parvient plus à faire progresser. Ce peut être   parce que l’établissement publique qui est le nôtre est ZEP et qu’on n’a pas les moyens d’envoyer notre enfant au privé. Enfin, ce peut être également parce qu’on ne veut pas d’une Réforme annoncée comme catastrophique.

La première question à se poser quand on retire un jeune est de savoir comment lui voit cette décision. A cet âge, on a intérêt à bien sentir ce qu’un adolescent ressent face à une décision aussi importante dans sa vie. Le succès de l’expérience en IEF au collège tient dans la collaboration du jeune lui-même…

La réponse du jeune n’est sans doute pas très claire: échapper au collège, plusieurs le désirent, mais quitter les amis, il sera plus nuancé!

Le collégien est à l’âge où il ne veut pas être différent des autres. Il se glisse dans la masse. Même quand il teint ses cheveux en vert, c’est pour aller dans le sens de son groupe! Une des premières choses à faire quand on déscolarise son enfant collégien est de le rassurer et si nous en avons la possibilité, lui faire rencontrer d’autres jeunes du même âge que lui d’un groupe de soutien IEF. Il a besoin de savoir qu’il n’est pas le seul au monde! Souvent, le simple fait de voir d’autres jeunes épanouis et « normaux » le rassurera beaucoup. Parfois aussi par le biais de forum IEF pour jeunes (ce sont des forums fermés, donc, sécuritaires).

La situation de mes enfants diffère en ceci qu’ils ont toujours connu l’IEF. Ma grande de quatrième demande à poursuivre sa troisième à la maison. Elle a déjà des amis. Le scoutisme lui permet également de faire partie d’un groupe.

DSC04339Si notre enfant a pris le scolaire en grippe, il aura besoin de temps pour réapprendre à aimer apprendre. Pendant deux ou trois semaines, il peut avoir besoin de découvrir qu’apprendre est stimulant. On peut lire ensemble un bouquin, fouiller dans une encyclopédie, voir des documentaires, en discuter, faire des visites de musées. Et graduellement, il pourra retrouver le goût d’apprendre.

S’il a perdu confiance en ses capacités, il peut être nécessaire de revenir en arrière sur des notions afin de consolider ce qu’il n’a pas su  intégrer. Il s’agit qu’il retrouve confiance en lui-même. Lui permettre de réussir au départ avec du « facile ». Puis à partir de là, le guider vers les étapes suivantes pour l’aider à progresser.

PAfficher l'image d'origineour le matériel, cela dépend tellement d’une personne à l’autre. En français, ma sélection a été celle-ci (en gros avec quelques petits ajouts). Il faut prévoir le livre du professeur afin d’être certain de répondre aux exigences.  Pour les mathématiques, nous nous sommes contentés du CNED (mais je n’en suis pas satisfaite!). Nous avons pris l’anglais ici   L’espagnol du CNED. Pour la SVT, j’ai pris sur le site  Vive la SVT et dans mes leçons de choses du primaire. Pour l’histoire j’ai pris un livre ancien et un livre actuel. Pour le latin, j’avais sous la main Les lettres latines.

Il existe de nombreux excellents sites où puiser ses ressources en IEF pour le collège. Je pense au généreux blog de Sylvie, rempli de fichiers déjà prêts ,à celui de Vic notamment en histoire. Celui de Isalise pour un enseignement différent. Celui de Laurence vous le connaisez déjà, puisqu’elle fera un billet là-dessus…Et j’en oublie.

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A propos Brune

Mère-enseignante de 8 enfants. Site: grandirpresduchataignier
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15 commentaires pour Organisation collège: 2.le nouveau collégien à la maison!

  1. Laurence dit :

    Je suis tout à fait en accord avec ton billet. J’ajouterais trois choses : la première est qu’il faut bien garder à l’esprit qu’un collégien a bien plus besoin de voir régulièrement des jeunes de son âge qu’un enfant de primaire, la deuxième est que je trouve qu’il est difficile de bien travailler les langues étrangères en IEF si on n’a pas la possibilité d’avoir un prof à domicile, la troisième est que l’expérimentation en sciences (SVT et physique-chimie) est quasiment impossible à reproduire comme au collège. Pour moi, ce sont les trois points qui nous amène à rescolariser notre fille en 3ème malgré cette réforme pourrie. Cette pause IEF lui aura malgré tout fait du bien mais cette année j’ai perçu des limites que je n’avais pas observées pour la 6ème en IEF. Je pense donc que 6ème et 5ème en IEF c’est sans difficultés, 4ème-3ème, c’est très variable d’un collégien à l’autre mais aussi suivant la fratrie. Pour ma part, je me suis trouvée cette année insuffisamment disponible pour elle en raison du reste des primaires.

    • Brune dit :

      Je pense que cela dépend beaucoup d’une famille à l’autre. Mon mari a la possibilité d’avoir le matériel scientifique pour nos enfants et elle peut faire toutes les expériences. mais, je reconnais que c’est un privilège… Et il ne faut pas surévaluer le matériel en classe… Mon mari comble parfois le matériel scientifique absent en classe. Bien des classes n’ont pas suffisamment la chance d’expérimenter, et certains profs ne sont pas du tout des profs de sciences…
      Pour le côté social, encore là, cela diffère d’une réalité familiale à l’autre. Je fais réintégrer souvent en 3e. Mais, cette fois, ma fille souhaitait réintégrer seulement au lycée et ma foi, ce n’est pas si mal, car elle arrivera en même temps que de les autres qui démarre à égalité un cycle. Côté social, elle semble avoir son content…

      • Laurence dit :

        je suis entièrement d’accord, ça dépend vraiment des familles (enfants, fratrie, situation géographique etc…) ! Et je ne pense pas que ce soit impossible de faire le collège à la maison, bien au contraire ! ! Surtout à présent ! Je voulais juste mettre le doigt sur quelques difficultés que j’ai observée pour aider à peser le + et le – dans les décisions à prendre.

    • Brune dit :

      Oui, et tu as bien fait d’apporter ce regard! C’est précieux d’avoir plusieurs lanternes. Et tu exprimes toujours très clairement très idées. De mon côté, j’ai essayé de répondre à des questions particulières à propos du brevet et d’inquiétudes qui se sont ajoutées après cet article. Forcément quand on répond à une question spécifique, on fait parfois l’impasse sur d’autres aspects en insistant dans une voie… ^^ Je n’ai en aucun cas voulu nier les propos très pertinents de ton intervention, seulement voulu rassurer des inquiétudes (le brevet arrive dans un peu plus d’un mois pour certains et l’examen d’entrée en lycée est très bientôt selon les Académies). C’est une étape « stressante » quand on ne l’a pas passée, et c’est pourquoi j’ai mis l’accent sur « l’apaisement » car en travaillant bien, le niveau n’est pas insurmontable 😉

  2. sicosico dit :

    De quel forum IEF pour jeunes vous parlez? Je ne connaissais pas cela. Merci!

  3. Il me semble que, pour un/e collégien/ne – et compte tenu du fait que, bien sûr, chaque enfant est particulier – le point fondamental, quand l’IEF intervient en cours de scolarité au collège (et hormis le cas du séjour à l’étranger) est la raison de ce choix, et personnellement la part parentale me paraît fondamentale – encore plus que celle du pré-ado ou ado. Il me semble que le cas d’un harcèlement ou de difficultés scolaires – là encore sauf enfants qui relèvent du médical – ne peut suffire à prendre une telle décision, car l’Educ’Nat’ peut proposer des solutions et des appuis.
    Un tel choix qui engage la vie de toute la maisonnée, selon moi, doit s’appuyer sur du « positif », donc sur la confiance que le/s parent/s place/nt dans leur volonté d’assurer l’IEF et leur capacité à l’assumer, et ce quels que soient les doutes qu’ils vont connaître ponctuellement, et qui sont « normaux » chez tout enseignant… Or, pour que cette confiance puisse être partagée par un enfant de cet âge, doté d' »antennes » pour sentir la moindre faille parentale, elle doit être fondée, toujours du côté des parents, par les valeurs, au sens philosophique et éthique, qu’ils portent et souhaitent transmettre. Elles seules les soutiendront… et elles seules conduiront à l’adhésion de l’enfant. Et si l’école ‘ »officielle » connaît tant de difficultés et décourage tant d’enfants, n’est-ce pas parce qu’on s’est éloigné du temps des valeurs communes des « hussards noirs » de la République, marche inévitable de l’Histoire, sans arriver parallèlement à reconstruire, et d’abord chez les enseignants, non pas un « socle commun de connaissances » à enseigner, mais un socle commun de valeurs à développer chez l’enfant ? Goût de l’effort, respect d’autrui et de l’environnement, développement du regard et de toutes les sensations, concrétisation des apprentissages, sens esthétique, questionnements du monde… et peu importe que l’enfant dispose du beau labo du collège… il y a tant d’autres voies ! Mais encore faut-il que le parent-enseignant se fixe lui-même ces objectifs-là…
    Désolée de ce billet un long… mais vos analyses donnent toujours envie de réagir !

    • Brune dit :

      Je rêve de ce consensus où l’ensemble scolaire et la famille marche main dans la main et dans la même direction. Je pense qu’effectivement, c’est au parent de prendre la décision. Mais, il arrive que des ados ne veuillent pas du tout être « marginalisé ». Et dans ce cas, il n’est pas facile d’avancer dans un tel projet…
      Pour le harcèlement, il y a des moyens en place, mais le parent devra parfois batailler pour être entendu (c’est du vécu!!!)… je connais des jeunes qui ont subi du harcèlement et qui n’ont pas eu le soutien à l’école: l’IEF a été une renaissance pour eux. Chaque cas est unique. De mon côté, j’avais accepté le plan de l’école et cela avait bien été ensuite… Tout est relatif…

  4. … « billet un peu long »… le doigt a glissé !

  5. Isa LISE dit :

    Bonjour,
    Merci pour la citation. 🙂
    Au sujet des langues, je pense qu’il faut trouver d’autres approches… Ma fille aînée a obtenu le bac L l’an dernier sans être allée à l’école depuis le CE2. Nous avons testé les profs particuliers avec approche scolaire, ils n’ont passé la première séance, ce n’est pas son mode de fonctionnement. Nous nous sommes tournés vers une italienne pour l’italien (quelques heures uniquement la dernière année), un chinois pour le chinois et pour l’anglais accueil d’une jeune étrangère pendant un an + un voyage en Ecosse et un autre en Italie. Egalement écoute en pratique (vidéos, etc.), beaucoup d’écriture libre. Elle a réussi en ayant même un 16 en italien LV2 !
    En tout cas c’est également possible et sortir des sentiers battus peut s’avérer payant. 😉

    Au sujet des groupes, mes filles ont également un forum ados, mais les forums ados ne fonctionnent plus vraiment (il a été très dynamique il y a quelques années).
    A l’heure actuelle il existe aussi des groupes pour les jeunes sur FB, je note ici le lien de mon blog avec référencement de ces groupes :
    http://apprendreavecbonheur.blogspot.fr/2015/12/groupes-instruction-en-famille-themes.html
    Je relaie ton billet très intéressant pour les parents avec collégien.
    Bonne journée !

    • Brune dit :

      Merci de tes précisions sur le parcours de tes filles! Oui, en langue particulièrement, on peut vraiment sortir des sentiers battus. Pour ma part, je parle couramment l’anglais, mais en grammaire , je suis plus faible…car j’ai une pratique orale -ce qui est la base, évidemment! – mais je cherche donc surtout à développer cet aspect avec mes enfants, et le pourquoi d’approche plus classique dans ce domaine. Côté apprentissage oral, ça ne m’inquiète absolument pas …

  6. Laurence dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec toi Isa Lise, on ne peut pas, je pense, faire l’impasse d’intervenants extérieurs en langue à partir d’un certain niveau. C’est aussi ce que j’ai fait en 6ème pour mes aînés et cela a été très payant (mais aussi coûteux…). Je pense que c’est possible dès lors que parents ET enfants sont motivés (notre aîné passe le bac en candidat libre cette année). Je crois aussi qu’il est essentiel que les parents aient bien toutes les données les positives comme les moins glamour dans le viseur avant de s’engager sinon ils sont très vite déçus. La motivation reste la clé de tous, c’est elle qui nous aide à trouver les solutions adaptées au moment opportun !

    • Brune dit :

      Je me base peut-être trop sur mon expérience personnelle… Quatre enfants ont passé le bac. Celui qui était dans le système depuis la cinquième est celui qui a eu le plus de mal en langue… Mais, il a tout de même terminé premier de sa classe d’anglais en Terminal (ce qui nous faisait sourire)… Je ne ferai pas le panégéryque de chacun mais, je tiens à dire qu’ils possèdent tous – avec aisance – deux langues étrangères minimum … Pourtant, on n’a eu aucun prof privé. Je parle couramment l’anglais, mon mari parle couramment l’espagnol et est passionné de russe. On a fait même avec le CNED – c’est dire! Et ils s’en sont très bien tiré au bac 😉 et pour la suite de leurs études…

      Je crois être un parent IEF « ordinaire » et c’est là-dessus que s’appuie mon blog. Et mes enfants sont bien « ordinaires » également. Bien des enfants sont en échec en classe… malgré de bons professeurs… Est-ce qu’on peut vraiment faire pire à la maison? J’en arrive à penser que peut-être pas tant que ça… 😉 Les compte-rendus de mon entourage de profs sont édifiants quant au niveau des élèves…

      En 20 ans, j’ai vu quelques familles qui « craignaient » en IEF, mais la plupart sont plutôt impliquées et cherchent à transmettre au mieux à leur enfant… Et, celles qui constatent que c’est au-dessus de leurs capacités, en général, rescolarisent… non?

      Je dis tout ceci, j’espère que tu le sentiras, en mode discussion 😉 pas en arguments « guerre de tranchée » 😀 Pour qu’on puisse peut-être pousser le raisonnement de ce que chacun-chacune constate chez elle/lui et autour d’elle/lui en IEF… C’est en discutant et avançant des arguments qu’on progressera sur une réalité somme toute, marginale…

      Je te remercie de prendre le temps d’écrire ici. Tes réflexions sont toujours pleines d’analyse!

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