Le printemps


DSC04426 « Dès le mois de janvier on avait vu aux branches des noisetiers pendre de légers châtons jaunes, parure délicate et inattendue qui semblait attachée par erreur aux rameaux désolés. Un froid vif avait suivi ce réveil prématuré des sèves. Puis, dans les clairières, les premières fleurettes avaient timidement percé la mousse. Mais il avait fallu le jeu des giboulées pour que devienne tout à fait visible le travail du renouveau. Alors, en quelques jours, les bourgeons se gonflèrent et bientôt un poudroiement léger de tendre verdure noya comme un brouillard la cime des taillis et des futaies. Dans la moiteur des derniers jours d’avril, une nouvelle poussée de sève fit craquer les derniers bourgeons, déplia et lustra toutes les feuilles.« 

Ernest Pérochon

Notre printemps cette année me rappelle ce joli passage de Pérochon. Il est timide, presque désorienté ou anarchique comme si certaines plantes se décidaient à pousser alors que d’autres hésitaient encore! Nos observations en promenade font état de la grande différence de date avec l’an dernier.

DSC04432Notre thème en enquête de rédaction portera sur le printemps. Que de vocabulaires à relever! Cette période de l’année possède un « je ne sais quoi » d’étourdissant, de grisant! Il existe des mots tels « giboulée » dans le champs sémantique du printemps qui mettent l’oreille en joie! Nous allons donc commencer à recueillir des bribes de textes sur le sujet et les recopier dans le cahier destiné à la rédaction. Les poèmes ne manquent pas et trouveront également une place dans les pages du cahier. Le plus difficile sera sans doute de choisir… Nos randonnées nous permettrons d’être attentives à l’éclosion de la nature et aideront grandement à l’inspiration par la suite.

Voici un autre joli texte que l’on trouve dans un manuel ancien de rédaction. Je pense que d’observer le choix  des mots des écrivains chevronnés apporte un modèle efficace à nos enfants afin qu’ils puissent à leur tour rédiger de belles lignes…

« Il fait si beau que ce jour s’apparente aux plus heureux de mon enfance. J’écris ceci dans la grande chambre au-dessus de la cuisine, entre les deux fenêtres ouvertes par où s’engouffre la tiède joie du soleil. J’ai mes pieds au soleil, dans des chaussons de lisières vertes et bleues. Cette chaleur entre en moi, monte en moi comme la sève. L’herbe de la pelouse est profonde comme une herbe de cimetière. Les pommiers de la cour de ferme ne sont que d’épais flocons de fleurs. Leur tronc, passé à la chaux, prolonge leur blancheur jusqu’au sol. Pas un souffle qui ne m’apporte quelque parfum; celui surtout de la glycine, à gauche, là contre la maison, si surabondamment fleurie qu’on entend d’ici ses abeilles. Une abeille est entrée dans cette chambre et n’en veut plus sortir. La lumière oint chaque objet comme de miel.« 

André Gide

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A propos Brune

Mère-enseignante de 8 enfants. Site: grandirpresduchataignier
Cet article a été publié dans 6e, accueil, école-maison, CE1, CE1 français, dictées, Divers, Français, français 4e, IEF. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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