Les humanités dans l’enseignement: sauver notre héritage


DSC09523La nouvelle réforme en France inspire bien des débats. Elle est décriée par une majorité, dont plusieurs travaillent sur le terrain: les enseignants eux-mêmes! Même en IEF, nous sommes affectés indirectement et à terme par cette réforme: lorsque nos enfants réintègreront le « système » on peut se demander s’ils seront bien outillés pour frayer dans les nouveaux modes d’apprentissage s’ils reçoivent un enseignement autre. Je persiste à croire que « qui peut le plus, peut le moins »… mais…

Ce matin, j’ai le sentiment que d’enseigner et de transmettre la richesse de notre héritage culturel  (celui des lumières et de l’antiquité) devient en soi un îlot de résistance, un îlot d’espérance, un îlot de protection d’une culture des humanités en voie de disparition. Dans la foulée des Pierre Rabhi et le mouvement Colibris en matière de nature et société, nous pouvons en IEF suivre ce même élan: devant les ravages des programmes sur la culture, mis de l’avant par nos ministères, agissons nous-mêmes à notre échelle. Les mesures gouvernementales sont difficiles à endiguer… Qu’on ne se méprenne pas: j’appuierai toute démarche collective pour faire  blocage à cette réforme. Mais cette réforme, qui accélère  la mort lente des humanités déjà entamée par les réformes précédentes, risque fort d’être appliquée qu’on le veuille ou non…

Bien qu’il faille se battre pour la majorité, je dois agir ici et maintenant pour mes enfants… et c’est en IEF que je poursuivrai, plus résolue que jamais, à leur transmettre notre riche héritage culturel.

Je suis tombée ce matin sur cet intéressant article du Figaro. Ecrit par un DSC08231auteur extérieur à la France, son regard est d’autant plus interpellant. Mathieu Bock-Côté dresse un portrait très conscis de notre réforme et de ce qu’elle signifie. Eclairant et juste! Ses propos nous ramènent à Rémi Brague « Europe, la voie romaine » qui nous rappelle que « L’humanisme est spécifiquement européen. Parce que seule l’Europe est pleinement consciente de sa secondarité. »

Personne ne s’est fait tout seul… nous sommes toujours le fruit de ceux qui nous ont précédés. Nos enfants ont droit à cet héritage…

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A propos Brune

Mère-enseignante de 8 enfants. Site: grandirpresduchataignier
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16 commentaires pour Les humanités dans l’enseignement: sauver notre héritage

  1. Fournier dit :

    tellement tellement vrai ! Ces nouveaux programmes, auxquels je m’oppose farouchement, n’ont fait que radicaliser mon enthousiasme vis à vis de l’IEF !! Je sais déjà que mes petits ne mettront pas les pieds dans un collège ! Et oui, l’IEF permet de prendre le contrepied et de défendre un enseignement de qualité : je mettrai donc l’accent sur la littérature et la langue française l’année prochaine, approfondirai davantage chaque sujet même si cela va plus lentement, et je sais que je leur apprendrai le latin à partir de la 6ème puisque cela va devenir un enseignement rare…

  2. poirple dit :

    Oui, c’est un très bon article, tellement juste. Il y a une vraie levée de boucliers contre cette réforme (elle est la cerise sur le gâteau de la déconstruction de notre école et de notre culture) mais je pense,comme toi, que cela ne servira à rien. Il n’y a, de toute façon, pas moyen de discuter puisque les intellectuels qui s’opposent à cette réforme sont de « pseudo-intellectuels », incurablement élitistes, voire racistes. Cette haine de soi et cette volonté de faire table rase du passé me sidèrent. Dans de telles conditions je refuserai de mettre ma fille dans un collège, même privé. Je pense même ne pas la laisser finir toute sa scolarité au primaire car là aussi la réforme est catastrophique. Comme tu l’écris si bien, il faut se battre pour la majorité mais aussi protéger ses enfants.
    Pour l’apprentissage du latin, un manuel semble très intéressant: « Lingua latina » de Hans H orberg. Il est utilisé avec la méthode Assimil dans une école belge atypique où le latin est roi!

    • Brune dit :

      Merci pour la référence en Latin. Je galère un peu avec cette matière! J’ai la méthode des cours Ste-Anne, mais c’est très costaud… J’ai les anciens manuels de latin, on fait ce qu’on peut, je peux corriger en bonne partie, mais je commence à avoir plus de mal (plus on avance) sans corrigé… Je suis allée voir la méthode que tu proposes, et elle semble très bien! As-tu pu te procurer les corrigés aussi? Car en cherchant, je n’arrive pas à comprendre s’ils sont inclus. As-tu la version avec CD?

      • poirple dit :

        La méthode assimil, je ne l’ai pas consultée. Je crois que dans l’école belge, ils utilisent la première version, celle du fondateur C.Desessard. Cette version date des années 60 (on peut toujours se la procurer à la Fnac) et n’a donc pas de support audio. Les autres versions ont des CD.Sur le site Assimil, ils ne disent pas grand chose, on ne peut même pas feuilleter les manuels, dommage. Quand au livre de de H. Orberg, il est entièrement écris en latin, c’est de l’immersion totale mais très accessible ( j’ai compris le premier texte et je ne suis pas une référence!). Tu peux le feuilleter sur lingua latina per se illustrata PDF. Sur le site Viae neolatinae, tu as des documents pour mieux comprendre ou compléter le livre (ex: lexique multilingue de tous les mots rencontrés dans le livre, progression grammaticale, etc.) Il y a également un livre 2. Ce site semble intéressant car il donne son point de vue sur différentes méthodes pour s’initier au latin. Pour l’instant je ne suis pas allée plus loin dans mes recherches. j’attends un peu pour acheter quelques manuels. J’essaie, en effet, de me discipliner sur l’achat de livres et de manuels en particulier. Je voudrais me remettre au latin (aie!, le lycée est loin) pour pouvoir y initier ma fille quand elle sera un peu plus grande. Nous commençons par nous intéresser à la mythologie et à l’histoire ancienne mais j’y vais doucement car elle est petite.
        L’article sur l’école belge se trouve dans le numéro du 9 avril du Point.
        Tes conseils seront également bienvenus pour la vraie/fausse débutante que je suis!

      • Therry dit :

        Je ne sais pas si tu connais cette méthode, mais on m’en a dit du bien pour les débutants en latin. Minimus est un cours britannique. http://www.minimus-etc.co.uk/

    • Brune dit :

      Poirple, ça me donne des pistes!

      Therry, oui, j’ai Minimus et je fais avec ma fille de primaire: c’est une entrée en matière amusante, mais pour aller plus loin, et pour la suite, si c’était latin/français cela pourrait être bien, mais latin/anglais cela devient « chaud »!

      • poirple dit :

        La méthode minimus semble sympa pour les enfants mais le mélange latin/français me fait un peu peur.
        Vers quel âge commences-tu l’apprentissage du latin avec tes enfants?

      • poirple dit :

        la première version de la méthode assimil est dispo en pdf, Pour le primaire, il n’y a pas grand chose en ce qui concerne les méthodes.

      • Brune dit :

        Merci Poirple! Je viens de regarder le PDF 🙂 Cela m’intéresse!

      • Brune dit :

        Hi! Hi! Mon mari vient de me sortir le livre qu’il a du latin!

  3. ACT dit :

    Bonjour,
    Ici plus d’enfants en âge du collège puisque la dernière est au lycée. Elle a eu la chance de commencer l’anglais et l’allemand dès la 6°, le latin en 5° et un peu de grec en 4° et 3°.
    Et tout cela en étant 32 par classe. moyenne de la classe, fin de 3°: 15,5. Les jeunes étant incités à avoir toujours un livre sur eux pour lire lorsqu’ils avaient fini leur travail ou même dans les couloirs. La directrice se vantant du nombre d’élèves croisés dans les escaliers en train de lire.
    Donc, il suffit de donner le goût pour que  » l’élitisme » se mette en place tout seul.
    Pour le lycée, il a fallu choisir entre le latin et le grec, cela a été le latin.
    Mais les horaires ne donnent qu’envie d’arrêter car c’est sur le temps du déjeuner: elle a moins d’une demi-heure pour manger et changer de salle.
    Pour l’option d’art, c’est encore plus consternant car le sandwich est avalé en cours, il n’y a aucune pose ( cours ce jour là de 9 h à 16 h).
    Je suis plus que consternée par la chute vertigineuse de ce qui est enseigné dans toutes les matières. Les matières scientifiques ne s’en sortent pas mieux. Que savons nous sur la botanique actuellement à part qu’il y a des plantes ? Les mathématiques sont survolées.
    Cela fait très peur.
    L’interdisciplinité peut se faire sans tout casser et l’argument de laisser plus de liberté aux enseignants ne pourra qu’engendrer une plus grande disparité entre les enseignements même au sein d’un même collège. Encore plus que maintenant.

    • Brune dit :

      Il y a moyen de gérer une classe intelligemment comme ce que vous suggérez avec la lecture notamment. Il me semble que ce devrait toujours être ainsi…

  4. poirple dit :

    L’interdisciplinarité ne peut se faire qu’à partir de connaissances acquises dans diverses disciplines. Ce sont ces savoirs que l’on pourra comparer, opposer, relier. Sinon, on brasse du vent. Pour pouvoir faire ce travail de mise en réseau, il y a un présupposé indispensable: la maîtrise de notre langue. Cette maîtrise est plus que compromise, vu ce que l’on nous prépare dans les programmes concernant la grammaire, l’orthographe, etc…

    • ACT dit :

      Je suis d’accord avec vous. Mes enfants sont sortis du primaire avec un bon niveau d’orthographe perdu lors des années collège.
      Exemple vécu de travaux intelligents demandés: un dossier en histoire, un par trimestre sur des sujets assez variés. Ainsi nous avons amené les enfants visiter le château de Vincennes pour celui sur les châteaux forts, la cathédrale de Reims pour celui sur les cathédrales. Il y a eu aussi le château de Versailles ( 100 pages au final), un régiment de Napoléon… ( le même enseignant 2 ans de suite).
      Il y avait des recherches, de l’appropriation de connaissances, de la rédaction mais aussi de l’illustration.
      Ceci n’a pu se faire qu’avec du soutien et beaucoup d’encouragements mais quelle fierté ensuite. Ces dossiers ont été conservés.

      • Brune dit :

        D’accord également. On semble vouloir faire tout à l’envers avec cette interdisciplinarité… Il est naturel de croiser des matières, on le fait forcémment en enseignant. On part d’un sujet et en développant on se rend compte que le sujet appelle d’autres domaines et on enrichit depuis toujours ainsi les cours. Mais cette fois, on va procéder à l’envers, il faudra croiser des matières, donc: on va plaquer un sujet artificiellement pour rencontrer cet objectif de croisement, donc on va prendre la proie pour l’ombre… Un contre-sens!

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