La lecture


J’aime beaucoup les manuels anciens pour l’expérience que ces livres peuvent encore nous apporter. A la Renaissance, les gens ont voulu redécouvrir les trésors légués par l’Antiquité et les remettre dans la perspective de leur époque. Parfois, j’ai ce désir avec ces manuels. Je trouve que tant de trésors oubliés y sommeillent et que nous pourrions avantageusement reprendre certains points des enseignants qui nous ont précédés. Une sorte de renaissance de ces manuels scolaires adaptés à la réalité d’aujourd’hui…

J’aime aussi lire les préfaces qui nous renseignent tellement sur la période et l’état d’esprit de ceux qui ont écrit les livres. On sent toujours une préoccupation éducative à propos des élèves. On voit églement les événements de l’histoire qui marquent le temps… Ainsi, quand on ouvre un manuel de 1946, on voit que la deuxième guerre mondiale a laissé des traces et que les maîtres veulent tirer un enseignement de cette période. On y parle beaucoup de courage, de gratitude, de solidarité, de dévouement, de dépassement de soi. Quelle histoire vivante!

Voici la préface du manuel « Devenir meilleur » des Editions Charles-Lavauzelle de 1960. Cette préface rejoint tellement mes préoccupations dans la transmission du goût de lire où l’intérêt dépasse de loin la « compétence » de lire et de comprendre. Il est entendu de toutes façons que l’enfant doit développer cette capacité s’il veut atteindre l’objectif du livre.

« L’intérêt particulier de cette collection réside dans le fait que ces lectures doivent contribuer à la formation morale des enfants. Cette idée a déjà été développée dans la préface de « Etre un homme ». Nous y attachons une importance capitale à l’âge où doit se faire l’éducation du sens moral. Eveiller de bonnes pensées, faire naître de bons sentiments dans les coeurs, donner des principes directeurs est, à notre époque troublée, plus nécessaire que jamais.

DSC09515La plupart des éducateurs pensent que la formation des consciences et des caractères n’a pas de meilleur auxiliaire que la lecture. Il ne s’agit pas ici de reprendre de froides et fades productions didactiques, incapables d’exalter la vertu et d’inspirer des actions généreuses, mais de mettre les enfants en face de la vie en les faisant réfléchir sur les actions humaines.Les oeuvres magnanimes des grands écrivains, qui associent à la perfection de la forme l’expression de pensées élevées et de nobles sentiments, sont celles qui ont sur les enfants la plus grande résonance morale. Les aventures qui les divertiront, comme celles qui sauront les émouvoir jusqu’aux larmes, feront peut-être plus pour leur éducation que les leçons souvent formelles de l’école et de la famille.

L’appareil pédagogique n’a donc pas d’autre but que de faire comprendre le sens de la lecture : explication précise et exacte des mots et expressions, questions sur l’intelligence du texte, exercices de compte rendu de lecture et de rédaction. »

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A propos Brune

Mère-enseignante de 8 enfants. Site: grandirpresduchataignier
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4 commentaires pour La lecture

  1. Lysalys dit :

    « Explication précise et exacte des mots », voilà bien un thème essentiel… Trop souvent en soutien scolaire je constate que des prétendues difficultés sont liées à un manque de vocabulaire. Des textes sont lus, des poésies apprises sans que les mots difficiles n’aient été précisés, pas toujours systématique mais trop fréquent et il me semble pourtant important de savoir de quoi il retourne tout comme enrichir le vocabulaire contribue au plaisir de lire. J’essaie de proposer des textes variés avec jeux de mots ou sonorités différentes et l’étincelle dans le regard confirme généralement que ce choix leur convient. 😉 Le tout est de penser à préciser les difficultés.
    Bonne journée !

    • Brune dit :

      C’est une remarque très pertinente Lysalys 🙂 Le délice des mots et le développement d’un vocabulaire riche contribuent au plaisir de la lecture!

  2. Fournier dit :

    Voilà pourquoi j’aime beaucoup Charlotte Mason. Nous partons toujours du livre soigneusement choisi, nous ne laissons jamais un mot incompris et les narrations systématiques permettent aux enfants de construire la pensée, quant à moi cela me permet d’évaluer quotidiennement les difficultés et les progrès tant dans la compréhension détaillée, que dans la capacité à synthétiser, restituer, à mémoriser parfois des détails incroyables du texte qu’ils découvrent, à séquencer et aussi à débattre car bien souvent les textes permettent quelques minutes de réflexions plus morales ou philosophiques à partir par exemple de l’attitude d’un personnage, de la morale d’une fable à apprendre etc…L’année prochaine, je souhaite mettre la littérature et le travail du texte,notamment au niveau du vocabulaire, au cœur de tous les autres apprentissages. Je peaufine en ce moment mes programmations et je me régale!

    • Brune dit :

      Oui, pour moi aussi, la clé est là , essentielle dans la lecture, le vocabulaire, la compréhension, le sens à en tirer et ce que cela nourrira dans l’âme et l’esprit de l’enfant… Même vision des choses Laurence (ce n’est pas surprenant non plus 😉 :D, mais ça me fait plaisir de faire cette même route à plusieurs).
      Alors, j’ai hâte de voir ce que tu auras concocté. De mon côté aussi ça m’occupe tout doucement !

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