Le goût de l’effort (première partie)


DSC08474Quand mes aînés étaient petits, je revois l’enthousiasme qui les habitait. Tout était prétexte à l’émerveillement et à l’apprentissage. Ils étaient naturellement imprégnés du goût d’apprendre. Il suffisait de sortir un cahier et ils accouraient! J’avais alors cette forte conviction que les enfants apprenaient partout , en tout temps, naturellement. Je le crois toujours, mais avec certaines nuances fondamentales…

Un jour, ils ont eu neuf ans! Que s’était-il passé? Sortir un cahier ne les emballait pas plus qu’il ne le faut. Bien sûr, leur goût d’apprendre demeurait intacte, heureusement, mais quand il s’agissait d’écrire, j’avais droit à des têtes d’enterrement! Un découragement devant un travail à faire!

Pourtant, mon aîné apprenait rapidement. Il comprenait fort bien  tout ce qui se présentait à lui! On peut dire qu’il avait des facilités! Ce n’était donc pas une question d’incompréhension ou la faute à l’école qui lui aurait enlevé « le goût de travailler ».

Après quelques temps, j’ai compris ce qui se passait. Quand l’enfant grandit, le travail qui accompagne son développement intellectuel croît également! Bien que pour un petit CP, écrire quelques mots représentent un gros travail de sa part, il est dans un état de découverte drôlement plus emballant en apprenant à lire, qu’un enfant sur le point de comprendre ce qu’est un complément d’objet direct! Pourtant, pour continuer à évoluer au niveau de sa langue, l’enfant est amené à se frotter à des exercices parfois un peu répétitifs, un peu automatiques, et pas si enivrants pour son âge. Et ce, en dépit du fait que l’on tente de rendre vivante la leçon!

Pourtant, la grammaire est un précieux outil pour apprendre à raisonner et à réfléchir. Elle permet aux élèves d’apprendre à exprimer clairement ce qu’ils pensent! A long terme, c’est un apprentissage qui pourra faire une réelle différence au niveau des études quand ils seront rendus au lycée.

DSC08353J’ai découvert à ce moment que mes enfants avaient besoin de développer ce que j’ai appelé le « goût de l’effort ». Ils pouvaient bien sûr travailler sur des projets fort impressionnants par eux-mêmes :- mon fils avait répertorié, classé et inscrit le nom de tous les pays du monde, avec leur superficie, leur population afin de savoir à quel rang se situait la France…  Mais, quand je leur « imposais » un travail, parfois modeste, dans un champ qui ne les passionnait pas, leur enthousiasme s’évanouissait un peu!

Bien sûr, on peut préssupposer que les enfants vont apprendre quand le besoin se présentera et alors ce sera dans l’enthousiasme. Il ira chercher ce qu’il lui faudra.

Cela convient sûrement dans une autre civilisation. Mais dans la nôtre, ce n’est pas si simple! L’enfant n’a pas conscience du parcours qui l’attend en terme d’étude. Il ne voit pas l’intérêt de certaines matières. « A quoi cela va-t-il me servir? » revient souvent dans les classes au niveau des maths et de la grammaire. Honnêtement, certaines notions ne « serviront » pas à proprement parler  au quotidien  dans le métier choisi ultérieurement. Mais, certains acquis peuvent aider indirectement au raisonnement et à l’expression de la pensée, et ce toute notre vie. De plus, notre société est ainsi faite: un parcours commun permet d’accéder aux études supérieures ou techniques. Si notre enfant veut avoir la possibilité de choisir, il doit passer par certaines étapes du cursus scolaire. Les lui apprendre graduellement lui facilite la tâche, car au fil des ans le travail augmente!

DSC08345Nos journées d’école maison sont-elles alors condamnées à être une lutte, une bataille qui assure la soumission de notre enfant-élève afin qu’il ingurgite sans joie ce que nous lui imposons?

J’ai refusé de penser qu’il en serait ainsi! C’est pourquoi je me suis sentie investie du désir de développer le goût de l’effort chez mes enfants! Mais comment?

C’est ce que je développerai dans mon prochain billet.

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A propos Brune

Mère-enseignante de 8 enfants. Site: grandirpresduchataignier
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10 commentaires pour Le goût de l’effort (première partie)

  1. Sylvie dit :

    Tu touches au «coeur» de notre travail en classe-maison je trouve… Le « faire vouloir » de l’enfant devant les tâches à accomplir au quotidien.

    J’ai hâte de lire la suite… moi aussi je me suis penchée sur cet élément… plusieurs fois d’ailleurs!!!!

    • Brune dit :

      Oui, je me souviens de tes réflexions! Ce qui suivra n’a rien de magique, tu t’en doutes!!! 😀 Mais, cela nous a permis au fil des années de tenir la route…

  2. Kalumaya dit :

    Tu as réussi à mettre en mot si clairement une pensée qui m’est propre. vivement la 2e partie!

  3. missk279 dit :

    j’attends la suite avec impatience, merci pour ce billet!

  4. Barroca dit :

    Bonjour brune
    Je suis ton blog depuis qql mois mais c’est la première fois que je laisse un message .
    Nous faisons l’école à la maison depuis 3 ans et ce goût de l’effort est vraiment le problème auquel je suis confrontée tous les jours et qui est difficile a gérer pour moi .
    J’attends donc ton deuxième post avec impatience …
    Êtes vous dans une association si oui laquelle ?
    Laure ( maman de trois enfants donc 2 en âge de scolarisation)

    • Brune dit :

      Bienvenue Barroca. Dans les débuts, faire notre marque est parfois usant! Il y a tant à dire et cela prend du temps à écrire sur ce sujet! Un 3e article va suivre dès que je peux!
      Pour les groupes, je me joins quand je peux à des activités organisés par des gens du coin. Un groupe très actif…

  5. Bea dit :

    J’ai hâte de lire la suite… Leo-Paul (8 ans), niveau ce2…. Ronchonne à chaque fois qu’il faut écrire qqchose ! C’est un peu compliqué en ce moment… J’essaie de trouver des idées pour écrire sans en avoir l’air .. Ne pas imposer un exercice, faire de l’écriture plus ludique. En plus il est très exigeant, si ces lettres ne lui plaisent pas il peut gommer une dizaine de fois … On s’accroche, on s’accroche !!

    • Brune dit :

      Pas facile ces étapes; est-ce plus fréquent chez les garçons ce refus devant l’écriture? Et quand ils sont perfectionnistes, la peur de se tromper accentue l’évitement avec « l’épreuve »; pourtant, plus on écrit, on on devient habile. Je vais poursuivre mes idées dans un 3e billet, peut-être y trouveras-tu (ou non) des pistes avec lui?

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