Dans les coulisses de l’école-maison


Dans les blogs sur l’école-maison, nous rapportons les activités qui se déroulent afin de susciter un partage d’idées. Nous ajoutons des photos afin de rendre plus clair ce que nous présentons. Il peut se dégager une idée fausse de l’expérience qui se vit. Car ces photos, ces descriptions présentent la réussite de l’activité, mais jamais vraiment l’envers du décor. C’est normal. Sur les blogs de professeurs d’école c’est la même chose. L’idée est d’enrichir la banque d’idées de chacun. Nous travaillons avec des enfants et ne pouvons retirer cette donne qui change tout et qui teintera l’activité. Nous ne contrôlons pas tout de l’enseignement pour la simple et bonne raison que nous ne travaillons  pas avec des machines réglables selon notre volonté.

Il était prévu dans ma semaine que je fasse les SVT tel que je l’avais planifié. Mais parfois, le français et les maths prennent tellement de place dans notre horaire que j’ai du mal à placer tout le reste. Dans mon idéal, les maths et le français doivent entrer dans la matinée. Dans les faits, nous débordons souvent dans l’après-midi.

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 L’expérience de cette semaine demandait beaucoup de préparatifs, mine de rien. Il a fallu trouver du temps pour faire le jus de chou le mardi: couper le chou en lanière et le faire bouillir une demi-heure. Puis le laisser refroidir, et le mettre en bouteille car il était trop tard pour y mettre les cartons, nous partions à une activité…

Puis ce n’est que jeudi que j’ai trouvé le temps de faire tremper les papiers dans le mélange.

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 Vendredi nous étions fin prêts pour l’expérience. Enfin, il fallait tout de même préparer les cartons avec le nom de la solution. Bien que l’expérience s’adressait d’abord à ma fille de 6e, j’aime pouvoir travailler avec tous les enfants quand l’occasion se présente. Et cette fois, il y avait de quoi occuper toutes les bonnes volontés. Pour  inscrire les mots sur les cartons, les trois s’y sont mises. Comme ma 5 ans fait un peu d’écriture , c’était l’occasion de lui faire inscrire quelques mots. Elle lit quelques syllabes, alors écrire « coca » pour elle était parfait.

A la maison, nous travaillons avec des enfants, ne l’oublions pas! J’ai la chance d’avoir des enfants calmes et qui veulent travailler. Mais chacun en est à un stade différent, possède un tempérament et une complexité unique. Demander à ma cinq ans d’écrire « Coca » sur un bout de papier lésait visiblement ma 9 ans! Pour elle, c’était sa solution préférée. Donc, si la petite avait l’avantage d’inscrire « coca », elle, elle pourrait verser le « coca » dans le récipient… Protestation de la 5 ans. Je lui dit qu’elle, elle pourrait verser l’eau sur le comprimé d’Aspirine. On arrive à recréer un climat de concentration dans la pièce! On inscrit donc les cartons.

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Et je distribue les solutions à verser. Le comprimé effervescent d’Aspirine les a toutes trois captivées jusqu’à la dissolution complète, alors que ce n’était pas prévu retenir notre attention. On en a profité pour parler de dissolution… Puis ma fille de 9 ans après avoir versé dans le récipient un peu de « coca », constate qu’il en reste encore dans la petite canette.  Elle me demande si elles pourront le boire. Je réponds « oui » et mets la canette de côté. Elle me redemande à trois reprises si elles vont pouvoir boire le « coca ». Je la connais ma fille. Elle a tendance à s’inquiéter. Je suis certaine qu’elle craint que par distraction j’oublie de le leur donner et que je jette le contenu. En d’autres temps, je maintiendrais un cap sur la cohérence de ma décision. Mais là, je sais que ce n’est pas par mauvais esprit, ni par caprice, mais elle va demeurer fixée sur ce liquide. Pour faire revenir son attention sur l’expérience, je décide de sortir trois verres et de les laisser se partager le « coca ». Les enfants n’ont pas les mêmes priorités que nous. Je ne pourrai pas changer le fait que pour ma 9 ans (et sans doute les deux autres aussi!!!) la priorité est la joie de goûter au « coca »dans un temps consacré à la classe.  Ma priorité est celle d’une enseignante qui veut transmettre des notions sur le papier pH, les solutions, les acides-bases!!!

Enseigner c’est aussi prendre les enfants là où ils sont. C’est tenir compte de leur maturité et de ce qu’est un enfant! Pendant que nous préparions tout cela, ma fille de 5 ans s’est amusée à écrire « vin de pipi » sur l’étiquette du vin de table! Elle découvre le pouvoir d’écrire des petites syllabes qui ont un sens. Après lui avoir dit qu’on n’écrivait pas partout sans permission, j’ai accueilli sa nouvelle capacité à savoir écrire. Inutile de se fâcher. Elle sait maintenant la consigne et je dois composer avec son caractère espiègle!

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Elles trempent ensuite les bandelettes dans les solutions. Et là elles sont ravies de voir qu’elles changent de couleur pour certaines. On nomme les solutions acides en regroupant les bandelettes rouges, et les basiques avec les bandelettes vertes. On met au centre les neutres. Chacune remplit son Tableau pour le papier au jus de chou rouge

Enfin, ma fille de 6e rédige un texte sur le déroulement de l’expérience. Ma 9 ans met dans son répertoires les différents termes appris.

Je juge l’activité tout à fait réussie!

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A propos Brune

Mère-enseignante de 8 enfants. Site: grandirpresduchataignier
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